Le recyclage des plastiques est doublement menacé. Entre l’effondrement des commandes des secteurs mis à l’arrêt par la pandémie de Covid-19 (construction, emballage non-alimentaire, automobile) et la perte de compétitivité face aux plastiques vierges, dont les cours chutent avec ceux du pétrole dont ils sont dérivés, les recycleurs de plastique réunis au sein de la Fédération des industries du recyclage (Federec) appellent, le 18 mai, à un renforcement des mesures de soutien à la demande de plastiques recyclés.
"A l’heure où la mondialisation montre ses limites, les industriels du recyclage plastique prouvent chaque jour que l’on peut fournir localement les matières premières indispensables à la production", souligne Federec. "La grande majorité de ces acteurs ont répondu à l’appel du gouvernement incitant les activités essentielles à se poursuivre. Les industriels membres de Federec se sont organisés pour continuer à assurer et maintenir leurs prestations de recyclage dans le strict respect des règles sanitaires indispensables à la protection de leurs personnels. Ainsi, à l’heure actuelle, 80 % de ces activités tournent à volume normal."
Des incitations pérennes plutôt que des aides
Plutôt que des aides, des prêts ou des effacements de charges, les recycleurs demandent un soutien structurel à l’emploi de matières recyclées, pour créer un choc de la demande. Dans la continuité des dispositions légales créées ou renforcées par la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (portée par Brune Poirson en 2019 et désormais adoptée), ces mesures incitatives pourraient prendre deux formes.

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
Bonus-malus et taux minimum d'incorporation
La première proposition du secteur est l’instauration de bonus-malus, fixés à des niveaux réellement incitatifs dans le cadre des régimes de Responsabilité élargie des producteurs (filières REP, dans les lesquelles les producteurs financent la fin de vie de leurs produits), notamment la REP Emballages ménagers (coordonnées par l’éco-organisme Citeo) mais également les futures REP BTP (bâtiment – travaux publics) et DEIC (Déchets industriels et commerciaux).
La seconde proposition est de recourir aux obligations d’incorporation de matières plastiques issues du recyclage dans les produits finis, sur le modèle de l’obligation instaurée pour le polyéthylène téréphtalate (PET) recyclé dans les emballages pour boisson. Des mesures qui fonctionnent, comme le démontre ce précédent : "le seul gisement relativement épargné [par la crise du Covid-19, Ndlr] est le PET issu des collectes sélectives, recyclé pour refaire de la bouteille pour l’industrie alimentaire ou pharmaceutique. La consommation de PET recyclé est notamment soutenue par l’obligation d’en incorporer 25% dans les emballages pour boissons à compter de 2025", rappelle Federec.
"Federec Plastiques est favorable à l’instauration immédiate d’une obligation d’incorporation de 50 % de PEHD (polyéthylène haute-densité) recyclé dans toutes les applications du secteur du bâtiment, telles que les tubes et canalisations ; ou encore une obligation d’incorporation de PP (polypropylène) recyclé à hauteur de 15 % dans les emballages industriels non-alimentaires et pots horticoles. Ces obligations d’incorporation s’entendent à l’exclusion des cas dans lesquels les normes applicables interdisent l’utilisation de matières recyclées, normes dont la réévaluation doit être rapidement engagée", précise le groupement de recycleurs.



