Pour endiguer l’épidémie devenue incontrôlable, Emmanuel Macron a tranché. Ce sera un nouveau confinement instauré jusqu’au 1er décembre. Mais celui-ci s’appliquera selon des modalités moins strictes qu’au printemps. Ecoles ouvertes, maintien de l’activité dans les usines et sur les chantiers… "l’activité continuera avec plus d’intensité", a assuré le chef de l’Etat dans son allocution télévisée le 28 octobre.
Si les commerces non essentiels seront contraints de fermer, les sites industriels et les chantiers vont maintenir leur activité, alors que la grande majorité avait dû l'interrompre, au moins pendant les premiers jours du confinement. Les écoles et lycées vont également rester ouverts, tout comme certains services publics.

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Quel sera le coût des nouvelles restrictions sanitaires pour l’économie française ? L’extension du couvre-feu dans 54 départements aurait amputé à elle seule de 0,7 % à 0,8 % le PIB du dernier trimestre, selon les calculs de Rexecode. Autant dire qu’un durcissement supplémentaire devrait faire flamber la facture. Résultat : la croissance du quatrième trimestre devrait à nouveau repasser dans le rouge. "Je vous confirme qu'après un rebond que nous attendons autour de 16% au troisième trimestre 2020, la croissance sera négative au quatrième trimestre en 2020", a expliqué Bruno Le Maire devant les députés le 26 octobre. Jusqu’où ? Le ministre de l’Economie avance un coût de 15 à 20 milliards d’euros pour l’économie par mois de confinement.
Des mesures moins strictes qu'au printemps
Au printemps, les huit semaines de confinement strict avaient coûté près de 120 milliards d’euros, soit 5 points de PIB, selon les calculs de l’OFCE. L’impact économique devrait cette fois-ci être moindre. "Le confinement du printemps a combiné des effets sur la demande, sur l’offre de travail et sur l’offre de production", pointe Eric Heyer, directeur du département analyses de l’OFCE. Or le maintien des écoles et des crèches ouvertes permet aux parents de continuer à travailler. Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement sont aussi moindres, alors que l’Asie fonctionne normalement.
"Il y a eu des effets d’apprentissage depuis le printemps. Les entreprises se sont déjà réorganisées", souligne Emmanuel Jessua, économiste pour Rexecode". Les usines ont déjà déployé les protocoles sanitaires pour reprendre leur activité en mai. Les entreprises ont équipé leurs salariés pour adopter le télétravail.
Avec un bémol. Pour certains secteurs, un confinement en cette période de l'année n'a pas le même poids qu'au printemps. "Le dernier trimestre est une période de plus forte activité pour le transport et le commerce", pointe Véronique Riches Flores. La divergence entre les secteurs devrait encore s’accentuer. "Le confinement a un effet très concentré sur les secteurs les plus fragilisés : l’hôtellerie, la restauration, le commerce, les transports", rappelle Emmanuel Jessua. Même si l'activité est maintenue dans l'industrie et le bâtiment, les effets indirects du confinement devraient se faire sentir sur certains secteurs, en réduisant les débouchés. Les syndicats du constructeur PSA réclament ainsi de maintenir les concessions automobiles ouvertes.
Une situation plus fragile
Mais même de moindre ampleur, la répétition des chocs risque d’avoir des effets durables. L’aggravation de la pandémie pèse déjà sur le moral des entreprises et des ménages, avant ou sans confinement. L'impression d'une crise interminable, amenée à se reproduire, risque de peser encore plus sur les décisions d'investissement et les dépenses de consommation. "L’impact du choc dépend de la situation initiale. Or les entreprises et les ménages se portent cette fois-ci moins bien qu’au printemps", pointe Eric Heyer, alors que près de 800 000 emplois ont déjà été détruits.
" L’économie est encore convalescente. Certains secteurs vont devoir reconsidérer leur activité", met en garde l’économiste Véronique Riches Flores. La facture économique dépendra d’ailleurs beaucoup de l’ampleur des mesures de soutien adoptées dans la foulée. Emmanuel Macron a promis que "le "quoi qu’il en coûte" va se poursuivre". "Elle sera même plus importante pour les PME", a-t-il assuré, en annonçant une prise en charge des pertes de chiffre d’affaires jusqu'à 10 000 euros et des mesures de trésorerie, en plus des soutiens d'urgence déjà en place.
Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre Jean Castex a promis un plan de 20 milliards d'euros supplémentaires de mesures d'urgence. "Le "quoi qu’il en coûte" n’a pour l’instant pas eu lieu contrairement à d'autres pays, comme le Royaume-Uni où l'Etat a supporté l'intégralité du coût de la crise sanitaire. Les entreprises et les ménages ont supporté 53 milliards d’euros de la facture du confinement de mars", estime Eric Heyer. " Il va falloir tout changer au plan de relance de 100 milliards d’euros et le recibler vers des mesures d’urgence aux entreprises, avec du chômage partiel, des crédits d’impôts pour aider les entreprises à payer leurs loyers. Il faut un choc de court terme", plaide l'économiste.



