Un nouveau projet qui pourrait nécessiter entre 5 000 et 7 000 milliards de dollars. Sam Altman, le charismatique PDG d’OpenAI, serait en discussion pour lever ces fonds afin de renforcer la capacité mondiale de production de puces, rapporte le Wall Street Journal. L’entreprise derrière ChatGPT aurait mené des discussions sur l’accroissement de l’infrastructure mondiale et des chaînes d’approvisionnement dans les semi-conducteurs, l’énergie et les data centers. Sam Altman plaiderait pour un partenariat entre OpenAI, des investisseurs variés, des fabricants de puces et des fournisseurs d’énergie. L’objectif : construire une fonderie gérée par des fabricants de puces existants et dont OpenAI serait l’un des principaux clients.
Nvidia, principal fournisseur de puces pour l’IA
La demande pour les puces d’IA est importante. Ces composants sont essentiels pour entraîner les grands modèles de langage (LLM) qui sont derrières les outils comme ChatGPT. Aujourd’hui, Nvidia est le principal fournisseur de cartes graphiques (GPU) qui sont utilisées à cette fin. Mais l’entreprise, qui repose sur un modèle fabless, a du mal à satisfaire la demande malgré une hausse de ses cadences de production.
Pour sortir de cette dépendance, OpenAI réfléchirait à concevoir sa propre puce dédiée à l’IA depuis plusieurs mois déjà. Des recherches qui nécessitent des millions de dollars d’investissement. A terme, cela pourrait lui permettre de réduire ses coûts puisque l’entrainement de ses modèles demande des calculs intensifs qui sont long et coûteux. Même si pour l’instant OpenAI bénéfice des capacités de calculs de Microsoft – qui a investi 10 milliards de dollars dans OpenAI – pour développer sa technologie.
Avoir des composants de pointe pour optimiser ses charges de travail est un élément de compétitivité dans la course au développement d’outils d’IA. Et OpenAI n’est pas la seule entreprise à se pencher sur ce sujet : Amazon, Google, Meta et Microsoft se sont aussi lancées dans des projets similaires.
Une somme démentielle
Toutefois, la somme évoquée est surprenante ! Collecter ces fonds nécessiterait de multiples participations de la part des fonds, d’industriels voir d’États. D’ailleurs Sam Altman serait en discussion avec des investisseurs comme le gouvernement des Emirats Arabes Unis. A cela s’ajoute les revenus d’OpenAI qui dépasserait «seulement» les 2 milliards de dollars sur une base annuelle, selon le Financial Times. Une prouesse pour la pépite qui a été fondée en 2015, mais un montant dérisoire par rapport à la somme que Sam Altman aimerait collecter. A titre de comparaison, seules quelques rares sociétés comme Apple, Microsoft ou encore Google ont une valorisation boursière dépassant les 1 000 milliards de dollars. En combinant celles d’Apple et Microsoft, on arrive à peine à 6 000 milliards de dollars.
Cette somme doit également être replacée dans le cadre du marché des semi-conducteurs. Les ventes mondiales de puces se sont élevées à 527 milliards de dollars en 2023, selon les chiffres de la Semiconductor Industry Association (SIA). La faible demande d'ordinateurs portables et de smartphones a pénalisé les fabricants de puces l’année écoulée. Mais la SIA prédit pour 2024 une hausse de 13,1% des ventes mondiales de puces, qui devraient atteindre 595,3 milliards de dollars. Et, elle précise que la demande pour les puces avancées a augmenté, largement portée par les fournisseurs de cloud.
Enfin, la construction d’une fonderie demande des investissements conséquents. Intel a décroché 9,9 milliards d’euros d’aides publiques pour implanter une nouvelle usine en Allemagne dans laquelle l’entreprise investit elle-même 30 milliards d’euros. TSMC a décidé de construire à Phoenix, dans l’Arizona, deux mégafabs pour un investissement colossal de 40 milliards de dollars. Intel dépense aussi 20 milliards de dollars dans une mégafab à Phoenix et Samsung investit 17 milliards de dollars pour une usine à Taylor, dans le Texas. Des sommes colossales. Et les États mettent aussi la main au portefeuille à travers différents plans pour subventionner cette industrie perçue comme stratégique comme le Chips Act européen. En toile de fond, un enjeu de souveraineté. Mais aussi la rivalité entre les États-Unis et la Chine.



