« Lors de nos expériences, nous faisons chanter nos équations », résume Olivier Dazel, le directeur du Laum. Le Laum ? Le Laboratoire d'acoustique de l'université du Mans (Sarthe), créé en 1981 et à l’origine de tout l’écosystème local dédié à l’acoustique. Là, 160 experts – dont 60 doctorants et 60 enseignants-chercheurs – scrutent les ondes acoustiques sous toutes les coutures. Un savoir-faire rare dont profitent de nombreux industriels.
« Nos travaux visent à comprendre dans le détail le comportement des ondes sonores, aussi bien dans les matériaux, les transducteurs comme les micros et les capteurs, que dans les structures de types instruments de musique », détaille Olivier Dazel. Ces spécialistes du son ont par exemple développé un système artificiel avec des lèvres en latex pour souffler dans un trombone. Ce type d’expérience permet d’approfondir les connaissances en matière d’acoustique, que la simulation numérique peine à modéliser en raison de la complexité des phénomènes en jeu.
Des bulles sonores et des avions plus silencieux
Parmi les travaux en cours : des essais de bulles sonores menés avec le constructeur automobile Stellantis. Il s’agit de reproduire des contenus sonores différents pour chaque passager en limitant au maximum les interférences entre programmes. Ces travaux ont fait l’objet d’une thèse et quatre brevets ont été déposés. Ils suivent un projet d’études similaire qui avait été effectué avec le géant des télécoms Orange. Il faut dire que ce concept peut s’appliquer à d’autres domaines que l’automobile, comme la domotique, l’aéronautique et la muséographie.
« Une thèse est actuellement en cours au Laum sur la possibilité de créer des systèmes qui peuvent suivre le déplacement des auditeurs en adaptant les commandes des haut-parleurs du système de diffusion », précise Guilhem Pages, doctorant. Autre piste prometteuse : une collaboration avec Airbus dans le cadre de la chaire Mambo (pour Méthodes avancées pour la modélisation du bruit moteur et avion). Financé par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), le projet vise à répondre à la nécessité pour le transport aérien de réduire les nuisances sonores.



