Le gouvernement veut déjà simplifier les nouvelles règles de MaPrimeRénov’

Levée des restrictions de financement, assouplissement des règles d’accompagnement... Le dispositif d’aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ va être modifié une nouvelle fois. Les organisations professionnelles du bâtiment jugent que son cadre actuel, axé sur les rénovations globales, découragent les particuliers.

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Pompe à chaleur maison
Les fabricants de pompes à chaleur avaient précédemment regretté les évolutions de MaPrimeRénov'.

Difficile de retracer les nombreuses modifications apportées à MaPrimeRénov’, depuis sa création en janvier 2020, pour… simplifier les aides à la rénovation énergétique à destination des particuliers. Dernière annonce en date de la part du gouvernement, jeudi 15 février : une «simplification», puisque le terme est en vogue, du parcours de rénovation des logements.

Les représentants d’organisations professionnelles du secteur, réunis par Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, ainsi que Guillaume Kasbarian, le nouveau ministre délégué chargé du Logement, «ont convenu qu’il était nécessaire de lever ces obstacles pour assurer l’efficacité du soutien à la rénovation énergétique et l’atteinte de nos objectifs climatiques», affirme le ministère, qui rappelle que 18% des émissions françaises de gaz à effet de serre sont liées aux émissions directes du bâtiment.

Les rénovations globales remises en cause

Le ministère de la Transition écologique précisera ses intentions au début du mois de mars. Parmi les pistes évoquées, l'assouplissement de l’obligation de passer par un professionnel dédié, labellisé «Mon accompagnateur rénov», censé apporter «un accompagnement adapté et personnalisé aux ménages», d’après France Rénov’ le service public de la rénovation de l’habitat. Autres leviers étudiés, la simplification du label Reconnu garant de l'environnement (RGE) pour les professionnels, et la levée de restrictions liées au financement de «gestes de rénovations simples et efficaces», une notion en attente de précisions.

La Fédération française du bâtiment (FFB) avait précédemment constaté un «quasi-arrêt» des travaux d’isolation par gestes du fait du conditionnement de l’aide au changement de l’équipement de chauffage, tandis que la Capeb, qui représente les artisans, se félicite que les ministres aient témoigné de «l’intérêt du mono-geste pour contribuer à une évolution positive du nombre de rénovations énergétiques, y compris en rénovation globale.» Un changement de paradigme par rapport à l’autre grand changement de ce début d’année, le recentrage de MaPrimeRénov’ sur les travaux d’ampleur dans les logements. Initialement, le gouvernement espérait parvenir à un total de 200 000 rénovations globales en 2024.

Les objectifs contraires du gouvernement

Début février, lors de la présentation de leur activité en 2023, les industriels du génie climatique avaient eux aussi regretté les choix effectués par le gouvernement. «Sur les pompes à chaleur, depuis longtemps, on a poussé ce système, et la bascule de MaPrimeRénov’ sur les rénovations globales va nous jouer des tours, et cela a déjà commencé. C’est parfois contesté, mais nous estimons qu’il est possible de faire des rénovations d’ampleur, progressivement, par étapes, en commençant par le générateur», martelait Jean-Paul Ouin, le délégué général d’Uniclima, le syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques.

Fin janvier, l’Association des industries de produits de construction se prononçait quant à elle pour une ventilation du budget de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat, l’opérateur de MaPrimeRénov’, destiné à «inciter de manière décisive aux rénovations d’ampleur». Autre requête, l’accélération du recrutement et de la formation de professionnels habilités à devenir accompagnateurs en matière de rénovation.

Ces interrogations sur le fonctionnement de MaPrimeRénov’ interviennent dans un contexte de baisse du nombre de logements rénovés en 2023, à 623 790 logements contre 700 000 initialement escomptés, et de chute de 22% des mises en chantier de logements en 2022. «En 2024, les perspectives sont mauvaises, sur le neuf, mais aussi sur la rénovation», regrettait, la semaine dernière, Stanislas Lacroix, le président d’Uniclima. Dimanche 11 février, Christophe Béchu avait par ailleurs fait part de son intention de simplifier les modalités du diagnostic de performance énergétique des logements.

Coup de rabot

Dimanche 18 février, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a quant à lui annoncé un plan de 10 milliards d'euros d'économies, qui affectera notamment MaPrimeRénov'. «On avait annoncé une enveloppe supplémentaire d’1,6 milliard d'euros de 2023 à 2024, il y aura toujours une augmentation de 600 millions», a-t-il indiqué au sujet de la réduction de la hausse prévue de l'enveloppe. Initialement, MaPrimeRénov' devait au total être dotée de 5 milliards d'euros en 2024.

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