Pas d’agent conversationnel pour le grand public mais une offre résolument tournée vers les entreprises. Avec sa plateforme Paradigm, la start-up LightOn veut aider les entreprises à manier l’intelligence artificielle (IA) générative. La pépite française ne cherche pas à séduire les particuliers avec un agent conversationnel accessible à tous comme l’a fait OpenAI avec ChatGPT. Dès le départ, LightOn fait le choix de proposer des outils aux entreprises pour qu’elles puissent déployer de telles technologies en interne.
LightOn mise sur l'open source
Le lancement de son offre de services, via sa plateforme Paradigm, n’était pas une évidence puisque LigthtOn a été créée en 2016 afin de commercialiser un processeur photonique. Mais la start-up a opéré un pivot dès 2020… pour se concentrer sur l’IA générative. «Quand ChatGPT est devenu un sujet au cœur de l’actualité, nous étions déjà sur cette thématique depuis deux bonnes années», assure Laurent Daudet, directeur général de LightOn. La start-up est parvenue à mettre au point «un modèle à plusieurs dizaines de milliards de paramètres», détaille-t-il fièrement. Le dernier en date : Alfred-40B-1023. Il s’appuie sur les bases de son prédécesseur. La start-up parisienne promet moins d’hallucinations et la capacité, pour l'outil, de dire s’il n’a pas de réponse précise. Surtout, elle continue à miser sur l’open source. Une nécessité pour les entreprises clientes afin de mieux maîtriser la technologie.
Paradigm comprend une base de code pour faciliter la création de modèles de langage (LLM) peaufinés selon les besoins spécifiques des entreprises et divers gammes de modèles. La start-up met en avant la capacité de ses modèles à comprendre l’exécution d’instructions en langage naturel sans avoir besoin d’exemples. Contrairement à certains concurrents, LightOn aide aussi à prendre en main la technologie. Par exemple, des outils aident à entrer la bonne requête, ou "prompt", afin que l’IA générative réponde au mieux à la demande. Des solutions pour "fine-tuner" les modèles, c’est-à-dire les entraîner sur un ensemble de données spécifiques pour qu’ils puissent répondre à une tâche donnée, sont aussi proposées.
Une levée de fonds en cours
La mise au point d’un agent conversationnel, ou chatbot, est le premier cas d’usage puisqu'il peut être créé dans un temps très court. Il faut simplement bien encadrer le modèle pour que le chatbot reste dans le champ sémantique fixé par l’entreprise. Un autre avantage est que «contrairement aux chatbots 'traditionnels'" qui n’ont pas de mémoire, l’IA générative a le contexte de l’opération», ajoute Laurent Daudet. Ce nouvel agent conversationnel peut accéder au dossier client et connaître l’historique des demandes. Et ne pas reposer en boucle la même question au client. Il est également possible de paramétrer le chatbot selon différents critères fixés par l’entreprise (ton empathique, direct, vendeur, etc.). «Nos LLM sont utilisés par quelques dizaines d’utilisateurs», affirme Laurent Daudet sans en dévoiler davantage. Les entreprises clientes préfèrent pour l’instant rester discrètes. Le Conseil régional d’Ile-de-France, un des seuls noms connus, souhaite mettre au point un chatbot sur les aides publiques proposées par la Région.
Le directeur général de LightOn assure que le marché est en pleine croissance et que les entreprises sont très curieuses. La start-up a réalisé son premier exercice bénéficiaire en 2022 et elle affirme que son chiffre d’affaires est en croissance soutenue. Forte d’une vingtaine de salariés, LightOn cherche à renforcer ses effectifs. Elle est actuellement en phase de levée de fonds pour financer son développement. Malgré le contexte économique défavorable pour les start-up, elle ne devrait pas avoir trop de difficultés à réussir cette étape étant donné l'engouement actuel pour l’IA générative.



