Le coronavirus grippe l'économie mondiale

Une centaine de groupes français sont présents à Wuhan, dans la province du Hubei. Ces entreprises ont rapatrié début février quelque 500 salariés, placés en quarantaine en France. Mais des entreprises françaises dépendantes de fournisseurs chinois sont aussi en première ligne.

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Airbus a dû mettre à l’arrêt sa ligne d’assemblage de Tianjin, en Chine.

L’épidémie du 2019-nCoV, autrement appelé coronavirus, qui sévit en Chine depuis la fin du mois de décembre, inquiète le monde entier. L’Organisation mondiale de la santé a décrété le 30 janvier l’état d’urgence sanitaire à l’échelle internationale. Le nombre de cas de contamination et de décès s’alourdit chaque jour. Les autorités chinoises ont réagi en imposant des mesures de confinement drastiques à travers le pays, prolongeant la mise à l’arrêt des usines et des entreprises après les congés du Nouvel An chinois.

Selon les conjoncturistes, le coronavirus pourrait coûter un à deux points de PIB à la Chine. L’effet sur la croissance mondiale est plus incertain, sachant que le pays représente 16 % du PIB mondial. Le coup d’arrêt de son économie a fait plonger les cours des métaux industriels et du pétrole. Seul l’or en sort gagnant, soutenu par des investisseurs en mal de certitudes. L’arrêt des unités de production risque de faire des dégâts dans les PME chinoises : 68 % de celles du secteur manufacturier estiment ne pas pouvoir tenir plus de deux semaines de fermeture, indique l’Académie chinoise des sciences sociales.

Une centaine de groupes français sont présents à Wuhan, dans la province du Hubei. Ces entreprises ont rapatrié début février quelque 500 salariés, placés en quarantaine en France. Mais des entreprises françaises dépendantes de fournisseurs chinois sont aussi en première ligne. "Si la ­production ne redémarre pas fin février, nous courons à la catastrophe", témoigne Christian Janson, le président de Sedepa, un équipementier automobile. Les industriels opérant hors du Hubei sont également touchés. Airbus a mis à l’arrêt sa ligne d’assemblage de Tianjin. Safran a lui aussi fermé plusieurs sites. Le secteur automobile est particulièrement affecté. Fiat Chrysler évoque un risque d’arrêt d’une usine en Europe. Le sud-coréen Hyundai a interrompu sa production dans le pays. Les sites chinois de PSA et Renault sont eux aussi en stand-by. Mais ce sont des volumes très limités, la Chine restant un territoire de conquête pour les Français. En revanche, les deux usines de Sanofi, à Pékin et à Shenzhen, ont redémarré début février.

Au-delà des chaînes de valeur de la production, ce sont tous les échanges commerciaux qui sont concernés, les déplacements en Chine étant limités. De nombreuses compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la Chine continentale. Le grand salon chinois du textile et de l’habillement, prévu du 11 au 13 mars à Shanghai, a été repoussé. Le Mobile World Congress, qui se tiendra fin février à Barcelone, a même été annulé.

Si l’épidémie devait se transformer en pandémie, c’est-à-dire si le coronavirus, dont 98 % des cas sont aujourd’hui confinés en Chine, se propageait mondiale­ment, le pire serait à craindre d’un point de vue sanitaire. "Il faudra environ vingt mois avant de pouvoir disposer d’un vaccin utilisable pour cette épidémie", assure Christiane Gerke, la directrice du programme vaccins de l’Institut Pasteur.

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