Le tribunal de commerce de Vesoul (Haute-Saône) a opté, le 29 novembre, pour la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise Gaussin, constructeur de véhicules logistiques propres et intelligents basé à Héricourt, en Haute-Saône (35,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023).
«Le groupe était dans une situation complexe, on a privilégié un plan de continuation de l’activité, mais le délai des procédures ne nous a pas laissé aller au bout. Nous avons un écueil : le temps du juridique n’est pas celui de l’économique alors que nous avions trouvé des investisseurs. C’est un jour douloureux», a expliqué Christophe Gaussin, le dirigeant.
Bien que deux offres de reprise aient été présentées, elles ont été rejetées par le tribunal. «Les salariés et moi-même soutenions la proposition de GuillaumeRichard de OuiCare et je ne cache pas ma déception qu’elle n’ait pas été retenue», confie Christophe Gaussin. La seconde, portée par le consortium Corail-SM et Steve Filipov qui a déjà fait l’acquisition de Métalliance et de ses 140 salariés, ancienne entité du groupe Gaussin spécialisée dans les tunneliers, a également été mise de côté. Les deux offres ne semblaient pas présenter les garanties attendues par le tribunal entraînant la nomination d’un mandataire judiciaire pour initier la procédure de dépôt de bilan. Le groupe Gaussin affiche une dette avoisinant les 120 millions d’euros qui a fragilisé sa position.
Encore des emplois en suspens
«Nous avons cédé aussi la branche véhicule autonome en l’adossant à un grand groupe japonais, Macnica. Même si on ne peut pas présager de l’avenir pour les 140 personnes concernées, il y a de beaux projets autour de la navette autonome au Japon», précise Christophe Gaussin. Le dirigeant, affecté par la décision qu’il qualifie de douloureuse, estime avoir exploré toutes les options pour préserver au mieux les salariés, les actionnaires et les partenaires. «Nous n’avons pas ménagé nos efforts pour sauver les emplois. On veut limiter autant que possible les répercussions, c’est un énorme gâchis avec des gens attachés à nos valeurs d’entreprise familiale, des gens qualifiés», conclut le dirigeant qui rappelle que l’entreprise compte encore 63 salariés.



