Après avoir placé en redressement judiciaire le 29 mars dernier le dernier des grands chausseurs romanais encore en activité (Charles Jourdan et Stéphane Kélian ont été liquidées en 2008), le tribunal de commerce de Paris, chargé de statuer sur le devenir de l’entreprise fondée par Robert Clergerie en 1981, a rendu son verdict le 29 juin. Sans surprise, c’est l’offre de reprise formulée par le groupe californien Titan Industries (la seule offre sur laquelle les juges consulaires avaient à se prononcer) qui a remporté la mise.
Le groupe américain, déjà propriétaire au travers de sa filiale Titan Footwear de marques comme Badgley Mischka, L’Agence, Dee Occlepo, Daniel X Diamond ou encore American Design, s’empare ainsi de l’entreprise Clergerie, basée à Romans-sur-Isère (Drôme), moyennant un chèque de 700 000 euros. Le groupe s’engage également à investir 6,5 millions d’euros pour relancer la marque française, propriété depuis 2020 du fonds d’investissement Mirabaud Patrimoine Vivant, créé et contrôlé par l’ancien ministre de la Fonction publique, Renaud Dutreil.
Une renommée internationale
Selon toute logique, il est peu probable que le site de production historique de Romans-sur-Isère bénéficie de cette manne financière. Telle qu’elle a été acceptée par le tribunal de commerce de Paris, l’offre de reprise ne concerne que 45% des salariés, soit 59 emplois sur 134, et ce, pour une durée de deux ans. Le groupe américain n’a, en effet, pas caché son intention de délocaliser la production à l’étranger dans des pays comme l’Inde, la Chine ou le Maroc, là où sont déjà produits les modèles qu’il commercialise.
Au fait de sa créativité, Clergerie a chaussé de nombreuses personnalités telles Lauren Bacall, Bianca Jagger, Madonna ou bien encore Michelle Obama lorsque celle-ci était encore logée à la Maison Blanche.



