Il dit avoir ressenti « une grande émotion »,en entrant à l’Assemblée nationale en début de semaine, mais aussi « une grande fierté ». Laurent Alexandre, élu le 19 juin député (LFI) de la 2e circonscription de l’Aveyron (autour de Villefranche-de-Rouergue), y portera la voix des ouvriers. Agé de 49 ans, il travaille depuis 1998 chez Ratier-Figeac, industriel de l’aéronautique de Figeac (Lot). Fils d'un ouvrier et d'une femme de ménage, il est entré chez Ratier-Figeac comme ouvrier, après un CAP et un BEP d’électrotechnicien, puis un bac pro et un BTS de « mise en œuvre des matériaux composites ». Depuis cinq ans, il y est responsable de la maintenance préventive.
Longtemps secrétaire de la CGT de son entreprise - « d'ailleurs, les salariés sont en grève pour leurs salaires depuis une semaine » - il a abandonné ce poste lorsqu’il est devenu maire d’Aubin, une petite ville de 3 800 habitants de l’Aveyron. Sympathisant France insoumise sans être encarté, il y conduisait une majorité municipale d’union de la gauche, avec des représentants du Parti communiste, de LFI, d’EELV et des « proches du Parti socialiste »… Il était également, depuis 2020, vice-président de la Communauté de communes Decazeville Communauté. Comme la loi l’y oblige, il quittera ses deux mandats locaux tant qu'il est député.
Expliquer « la vraie vie » aux énarques
« Je ressens une grande fierté de représenter les gens de ma circonscription, mais aussi de prouver à ceux qui nous gouvernent, là-haut, comme à l’ensemble de la population française, que la politique n’est pas réservée aux énarques, qu’elle peut être confiée à des gens comme moi, pour peu qu’ils soient élus, poursuit-il, de retour en Aveyron après quelques jours à Paris. J’ai bien l’intention de prendre la parole et d’expliquer la vraie vie à ces énarques, de leur parler des pleins d’essence à plus de 2 euros de litre quand on habite la campagne et qu’on a des revenus modestes… »
Laurent Alexandre ne sait pas encore dans quelles commissions il s’inscrira, mais il a prévu de « (se) battre pour les salariés de l’industrie, contre les délocalisations, et pour défendre l’hôpital et lutter contre les déserts médicaux ». Il veut se rendre « dans tous les lieux où les salariés de l’industrie se battent pour leur emploi, creuser les dossiers, prendre des notes, écouter, et remonter les exemples à l’Assemblée pour convaincre les députés qu’il faut des lois plus justes ».

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« Demander plus aux grandes fortunes »
Est-il favorable aux aides à l’industrie ? A la baisse des impôts de production ? A ces questions, il répond par une autre: « Est-ce que le Crédit impôt recherche a empêché les entreprises de délocaliser ? » Sur le pouvoir d’achat, il « veut demander plus aux très grosses fortunes, en instaurant 14 tranches d’impôt sur le revenu au lieu de 5, par exemple ».
Reste à régler un point, avant de se consacrer à plein à son nouveau travail de député : les relations avec son employeur. Cela ne devrait pas être trop compliqué : depuis 2020 et son mandat de maire, il ne travaille plus qu’un jour par semaine. Pour ses premiers pas de député, il a pris des congés. « Je n’ai pas l’intention de démissionner. Je verrai s'il est possible d’avoir une suspension de mon contrat de travail. J’espère que mon entreprise comprendra que j’ai un mandat républicain, de représentation des Français. Elle peut même y trouver un avantage, à avoir un salarié à l’Assemblée nationale ! », lance-t-il.



