Désorbiter les nanosatellites en fin de mission : tel est l’objectif du projet Icare, mené par des étudiants de l’école d’ingénieurs Isae-Ensma de Poitiers (Vienne). Le concept est, en apparence, assez simple : une fois la mission du nanosatellite terminée, celui-ci déploie une voile d'un mètre carré et de 12 microns d’épaisseur, qui va le freiner grâce à l’atmosphère résiduelle et le désorbiter. «Contrairement aux systèmes motorisés, très gourmands en énergie et donc souvent lourds, notre solution est passive, légère et autonome», explique Hugo Valette, étudiant en dernière année. Cette désorbitation, qui conduit à la destruction du nanosatellite dans l'atmosphère, limite la quantité de déchets spatiaux et le risque de collision.
Le projet Icare concourt dans la catégorie Environnement et énergies du Grand challenge des écoles d'ingénieurs, dont les lauréats seront dévoilés le 15 mai.
Un envol prévu en 2026
Le projet Icare est né il y a plusieurs années au sein de l’Isae-Ensma et est chaque année repris par de nouveaux étudiants passionnés. Deux d’entre eux avaient même créé une start-up, nommée Xinetis, à partir de cette innovation, avant de se tourner vers d’autres projets. Ce qui n’a pas empêché Icare de mûrir auprès des élèves ingénieurs suivants. Aujourd’hui, il s’intègre plus largement dans un projet mené par la Naasc, une association d’établissements d’enseignement supérieur de Nouvelle-Aquitaine formant dans le spatial. «Ce projet inter-écoles prépare depuis cinq ans un nanosatellite de 33 cm de hauteur, embarquant six innovations dont la nôtre», reprend Hugo Valette. A priori, ce concentré de technologies devrait rejoindre l’espace en 2026. La voile Icare sera utilisée une fois que tous les autres projets auront été testés.



