La recette d'Imeon Energy, la PME bretonne qui veut booster le rendement des panneaux solaires

[L’instant tech] La PME bretonne Imeon Energy doit entrer en bourse au premier semestre 2024. Avec son onduleur dopé à l’IA, elle assure augmenter le rendement des installations solaires en autoconsommation et allonger la durée de vie des batteries. Sa nouvelle cible : les industriels.

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panneaux solaires
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Pour améliorer la performance d’une installation solaire en autoconsommation, Imeon Energy innove non pas sur le panneau photovoltaïque ou la batterie de stockage, mais sur l’onduleur. «Une dizaine d’acteurs dans le monde travaille sur cette brique et nous sommes les seuls à y mettre de l’intelligence artificielle», revendique Christophe Goasguen, le fondateur de cette PME créée en 2013 et implantée à Brest (Finistère). Son onduleur hydride vise à augmenter le rendement des installations solaires avec batterie (de plus 20% selon le dirigeant), en gérant de manière intelligente les flux d’énergie grâce à un ordinateur embarqué, qui apprend du passé et intègre le contexte (la météo par exemple).

«Pour y arriver, nous avons innové sur l’électronique et le traitement de la data, pointe cet ingénieur en électronique passé chez Thales. Nos algorithmes sont capables de prédire quelle quantité d’énergie le système va produire dans une heure. Grâce à cela, nous avons doublé la durée de vie de la batterie, ce qui a un impact direct sur le prix du kilowattheure produit. C’est une grosse valeur ajoutée, car la batterie représente un tiers, voire la moitié du prix d’un système solaire aujourd’hui.» Les utilisateurs d'Imeon produisent en moyenne 70% de leur électricité à un prix « compétitif », selon la PME, situé entre 70 et 150€ le mégawattheure.

Faire passer l’industrie de 10 à 50% du chiffre d'affaires

L’onduleur Imeon est compatible avec différentes batteries : au lithium, à l’hydrogène ou au plomb, pour les clients en Afrique notamment. Aujourd’hui, la PME compte 6000 utilisateurs dans le monde, pour un chiffre d’affaires (CA) fait à 60% hors de France. Un an après avoir lancé sa gamme à destination des industriels, conçue et fabriquée à Brest, Imeon Energy estime que cette typologie de clients compte pour 10% de CA. Une part qu’elle voudrait voir passer à 50% d’ici à 3 ans.

«Nous avons mis sur le marché en décembre de nouveaux systèmes à destination des industriels, pour lesquels on gagne encore 10% de rendement supplémentaire, grâce à une nouvelle architecture qui divise par deux la taille de notre système», détaille Christophe Goasguen, qui précise que peu de fabricants d’onduleurs visent le marché industriel aujourd’hui.

Relocaliser la production de l’électronique

«Aujourd’hui, on a besoin d’accélérer et de pénétrer des nouveaux marchés», estime le fondateur. Annoncée en septembre dernier, l’entrée en bourse d’Imeon Energy sur Euronext Growth doit être finalisée au premier semestre 2024. La PME vise une levée de 8 millions d’euros.

Parmi ses objectifs : financer des recrutements, afin de passer de 18 salariés à 150 d’ici à 5 ans, sa R&D, notamment pour développer une nouvelle génération d’électronique, mais aussi rapatrier de Chine en France la production de ces équipements-là. Des discussions sont déjà en cours avec au moins deux fabricants français d’électronique.

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