La prime de 1000 euros chez Stellantis est jugée insuffisante par plusieurs syndicats

La direction de Stellantis a annoncé le versement d’une prime de 1000 euros à la majorité de ses salariés français pour soutenir leur pouvoir d’achat face à l’inflation. Jugée insuffisante par plusieurs syndicats, la mesure est accueillie par des mouvements de débrayage dans certaines usines du groupe.

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Dans les usines françaises de Stellantis, le niveau des salaires reste un sujet de mécontentement pour les syndicats.

Stellantis fait un geste financier dans une période de forte inflation. Mardi 27 septembre, au terme d’une réunion avec les syndicats, le constructeur automobile a annoncé le versement d’une prime de partage de la valeur (PPV) de 1000 euros à la plupart de ses salariés français. La CGT juge cette mesure insuffisante tandis que la CFDT et la CFE-CGC rappellent l’urgence d’augmenter les salaires.

« Afin de soutenir le pouvoir d’achat, Stellantis versera en France jusqu’à 1 400 euros à la majorité de ses salariés en octobre », indique le groupe à L’Usine Nouvelle. Ce montant comporte 1000 euros de PPV pour les salariés qui touchent jusqu’à deux fois le SMIC. « Cela correspond à environ 60% des salariés », précise Stellantis. Les salariés se situant entre deux et trois fois le SMIC (environ 20% des effectifs français) recevront quant à eux 500 euros de PPV. Stellantis va aussi donner la possibilité de monétiser jusqu’à trois jours de RTT, soit 400 euros pour un salaire moyen d’ouvrier et 600 euros pour un cadre. Enfin, la direction a proposé un accord pour anticiper le déblocage de l’intéressement et de la participation.

Additionnées, ces différentes aides au pouvoir d’achat peuvent représenter jusqu’à 1965 euros par salarié pour 2022. « Les propositions faites par la direction et partagées avec les partenaires sociaux permettent de faire progresser le pouvoir d’achat de nos salariés au-delà du niveau de l’inflation », défend dans un communiqué Bruno Bertin, directeur des ressources humaines de Stellantis France.

Des mesures jugées insuffisantes

Autre mesure importante annoncée par l’entreprise : avancer à décembre 2022 la date d'ouverture des négociations salariales au lieu de début 2023. Mais pour l’instant, au grand dam des syndicats, la question des augmentations reste en suspens. « Les augmentations de salaires sont les seules garanties pour préserver le pouvoir d’achat », a rappelé la CFE-CGC à l’issue de la réunion. « On ne résoudra pas le problème du pouvoir d'achat et de l’inflation à coup de primes », renchérit la CFDT.

« C’est une honte. La CGT appelle à la grève sur l’ensemble du groupe », réagit de son côté Jean-Pierre Mercier, porte-parole CGT de Stellantis. Plusieurs mouvements de débrayage ont déjà débuté dans les usines françaises du constructeur. La CGT rapporte des mobilisations à Douvrin (Pas-de-Calais), Trémery (Moselle) et Valenciennes (Nord). « L’ampleur du mouvement social poussera peut-être la direction à améliorer ses propositions », estime Benoît Vernier, délégué syndical central adjoint de la CFDT Stellantis. Pour l’instant, aucune autre réunion n’est programmée entre la direction du groupe et les syndicats à l’exception des futures négociations salariales.

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