La pépite du quantique Pasqal fusionne avec la start-up néerlandaise Qu&Co pour créer un leader européen

La pépite du quantique Pasqal signe la première fusion européenne du secteur en se rapprochant de la start-up néerlandaise Qu&Co. Cette dernière, spécialiste des algorithmes quantiques, apporte à Pasqal ses quatre bureaux européens et des clients industriels de premier plan.

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Pasqal signe la première fusion européenne du secteur en se rapprochant de la start-up néerlandaise Qu&Co.

L’année commence fort pour le spécialiste français du quantique Pasqal. Dans un communiqué publié le 11 janvier, l’entreprise issue de l’Institut d’optique de Palaiseau (Essonne) a annoncé sa « fusion » avec la start-up néerlandaise experte des algorithmes quantiques Qu&Co, spécialiste des applications dans la pharmacie, la finance et la simulation physique.

Dans les faits, l’opération ressemble davantage à une acquisition (dont le montant n’a pas été communiqué). L’entité conserve le nom et le PDG de Pasqal, qui intègre les 14 salariés de Qu&Co et, surtout, ses différents bureaux à Amsterdam (son actuel siège), en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne. « Nous voulons faire un leader européen, affirme Georges-Olivier Reymond, PDG de Pasqal, à L’Usine Nouvelle. Cette fusion va nous permettre de nous internationaliser et d’adresser des marchés plus larges. »

Des applications adaptées à la plateforme de Pasqal

Cette expansion commerciale est facilitée par le positionnement technique de la start-up néerlandaise, explique le PDG. « Qu&Co apporte une solution pour toutes les équations différentielles partielles, utilisées notamment en modélisation physique pour des calculs de résistance de matériaux ou de mécanique des fluides, détaille-t-il. Ce sont des cas d’usages omniprésents dans l’industrie. » 

Johnson & Johnson, BASF, Siemens, Airbus, LG… En se rapprochant de Qu&Co, Pasqal gonfle son portefeuille de clients avec quelques grands noms de l’industrie. « Il y aura une continuité : toutes les conditions de leurs contrats seront respectées », argue Georges-Olivier Reymond. Seule différence, les algorithmes seront adaptés pour fonctionner de manière optimisée sur la plateforme quantique de Pasqal, qui utilise des atomes froids en guise de qubits. « C’est le but de cette fusion d’adapter leurs applications à notre plateforme », relate le dirigeant.

Vers d'autres rapprochements en 2022 ?

Ce dernier rappelle d’ailleurs que la start-up « croit beaucoup » en cette approche dite « hardware spécifique » – où les algorithmes sont codés en fonction des particularités de la machine sur laquelle ils seront exécutés – et y voit la clé des premières applications concrètes du calcul quantique. Les salariés du spécialiste des algorithmes vont ainsi venir étoffer les rangs de la division Applications de la start-up francilienne – nommée start-up de l’année 2021 par L’Usine Nouvelle – tandis que son dirigeant, Benno Broer, devient directeur commercial. 

Ce n’est pas la première fois qu’un fabricant de processeurs quantiques se rapproche d’un expert des algorithmes applicatifs : le géant américain Honeywell a créé une coentreprise avec la pépite britannique du logiciel Cambridge Quantum Computing en juin 2021, signant le premier rapprochement du secteur. C’est cependant la première fois que deux start-up européennes du quantique s’unissent. Première d’une longue série ? Pasqal, en tout cas, ne cache pas avoir d’autres projets du même genre dans ses résolutions de l’année 2022.

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