[L’instant tech] Pourquoi la start-up du quantique Pasqal se dote de processeurs graphiques Nvidia

La start-up Pasqal, qui développe son ordinateur quantique, a acquis 10 mini-supercalculateurs DGX A100 de Nvidia. Ces systèmes de calcul optimisés pour l’intelligence artificielle et le supercalcul vont permettre à la société de se créer un véritable centre de calcul, notamment pour doper son simulateur de qubits.

Réservé aux abonnés
Pasqal
Détail du calculateur quantique de Pasqal, à base d'atomes froids.

L’arrivée de Noël aurait-elle donné à la start-up Pasqal une envie soudaine de jeux vidéo ? Pas vraiment. Le 9 décembre, la jeune entreprise, qui développe son ordinateur quantique, a pourtant passé commande de 10 processeurs graphiques (GPU) auprès de Nvidia. Pas destinés à intégrer les ordinateurs des gamers, ces systèmes – des DGX A100 – sont de véritables supercalculateurs miniatures. Ils vont permettre à Pasqal de « construire un centre d'excellence en informatique quantique » à destination de ses clients, affirme la marque dans un communiqué. Objectif : donner accès à son émulateur de qubits désormais dopé à la technologie Nvidia, dès le début de 2022.

Librairie de programmation et logiciel de simulation

En plus de travailler sur sa technologie des atomes dits froids, immobilisés et manipulés grâce à des lasers pour effectuer des calculs, la pépite issue de l’Institut d’optique de Palaiseau (Essonne) développe aussi les langages de programmation et logiciels indispensables pour exploiter ses machines. Ces travaux ont notamment débouché en février 2021 par la publication, en open source, d’une librairie de programmation baptisée Pulser.

Basée sur le langage Python, cette librairie – un ensemble de fonctions informatiques mis à disposition des développeurs – permet de manipuler avec précision un processeur quantique composé d’atomes froids. Elle comporte aussi un émulateur : un logiciel permettant de simuler des qubits sur un ordinateur conventionnel, à l'image du Quantum learning machine (QLM) d'Atos. Il va notamment bénéficier de la suite logicielle cuQuantum de Nvidia, spécialement conçue pour optimiser la simulation de qubits, ainsi que des GPU de la marque.

Plusieurs dizaines de qubits

Ces derniers, des systèmes DGX A100, ne paient pas de mine. Loin des massives armoires de datacenter, ces centres de calcul logent dans un volume similaire à celui d’une unité centrale d’ordinateur personnel. Leurs capacités sont loin, cependant, des usages récréatifs, avec 2,5 petaflops, soit 2,5 millions de milliards d’opérations par seconde. Des performances qui, selon la marque, en font un outil adapté à l’entraînement d’algorithmes d’intelligence artificielle, l’analyse d’importants volumes de données et au calcul haute performance, notamment pour la recherche scientifique.

Une fois équipé de la technologie Nvidia, l’émulateur de Pasqal devrait permettre « de simuler des dizaines de qubits », affirme Christophe Legrand, responsable France chez Nvidia. Des performances suffisantes pour permettre à Pasqal, ainsi qu’à ses clients, de tester leurs algorithmes quantiques sur des qubits simulés avant de les exécuter sur un vrai calculateur quantique.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.