La France domine les pays européens en termes d’attractivité. Lundi 13 janvier, EY a publié son baromètre 2020 de l’attractivité industrielle de la France. Le cabinet confirme la compétitivité française, peu avant le début du sommet Choose France qui doit réunir des chefs d’entreprises étrangers en janvier, sur invitation du président français. Le rapport se montre toutefois vigilant sur les tensions internationales.
La France, première en implantations et extensions d’activités industrielles
EY veut-il rassurer les investisseurs étrangers avant le sommet Choose France ? Côté chiffres, le cabinet s’appuie en fait sur des
données de 2018. Le constat n’est donc pas nouveau : sur 48 pays en Europe et au-delà, la France se classe première en matière d’implantations et d’extensions d’activités industrielles (IDE). Elle a compté ainsi 339 projets (+5 % par rapport à 2017), loin devant la Turquie (203 projets) puis l’Allemagne (152 projets).

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Reste à savoir si cette tendance sera confirmée en 2019. EY souligne en effet un ralentissement de la croissance des IDE : entre 2016 et 2017, elles avaient bondi de 52 %. On sait toutefois que la France a recensé plus d’ouvertures que de fermetures d’usines cette année grâce au bilan industriel de L’Usine Nouvelle, même si ce décompte intègre les projets menés par des entreprises françaises.
Qui sont les champions de l’attractivité française ?
Qui figure au tableau d’honneur de l’attractivité française ? EY distingue l’aéronautique et le spatial, le naval et l'industrie pharmaceutique. Ces trois secteurs affichent trois des plus gros soldes excédentaires : 3,4 milliards d’euros pour l’aéronautique et le spatial, 1,3 milliard d’euros pour le naval et 1,2 milliard d’euros pour la pharmacie.
“Les donneurs d’ordre entraînent dans leur capacité exportatrice des sous-traitants et partenaires, dont un grand nombre d’entreprises à capitaux étrangers viennent produire en France et s’inscrivent pleinement dans les supply chain d’Airbus, EDF, Danone ou Sanofi, par exemple”, analyse EY. Cette tendance pourrait toutefois évoluer à l’avenir. Selon les investisseurs interrogés par EY, la croissance française sera davantage portée par le numérique, l’énergie, les technologies vertes et les services aux entreprises.
Côté régions, les territoires les plus attractifs se trouvent dans les Hauts-de-France, le Grand Est en Auvergne-Rhône-Alpes qui captent 45 % des IDE en 2018 : 17 % pour les Hauts-de-France, 14 % pour le Grand Est et 14 % pour Auvergne-Rhône-Alpes. L’Île-de-France en revanche n’a attiré que 3 % des IDE. “L’attractivité industrielle premium se matérialise en France par de nouveaux sites de production (68 en 2018), attirés ou fixés par des bassins d’emplois et de compétences sophistiqués, équipés et mieux soutenus par un effort public dans des territoires et secteurs en transition”, éclaire EY.
Enjeu de la démographie industrielle de la France
Malgré des chiffres positifs, EY se montre vigilant sur plusieurs sujets. Le cabinet décrit “un environnement européen dégradé”, des “incertitudes liées au Brexit” et des “tensions commerciales internationales”. Le Royaume-Uni a naturellement souffert de ce phénomène. Entre 2017 et 2018, le pays enregistre une baisse de 35 % du nombre de projets d’IDE.
EY s’inquiète plus particulièrement de “l’inconnue économique italienne” après une année marquée par des tensions diplomatiques et économiques entre la France et l’Italie. Le cabinet mentionne aussi “les blocages créés par certains pays d’Europe centrale”.
En 2018, la France a continué d’afficher un déficit commercial de 59,9 milliards d’euros (contre 62,3 milliards en 2017). “La démographie de notre industrie par rapport à celle de l’Allemagne explique en grande partie les difficultés de nos entreprises à ‘passer à l’échelle’ les investissements, le recrutement ou l’innovation”, juge EY. La France compte en effet 5 000 entreprises de taille intermédiaire contre 12 500 pour l’Allemagne.



