Longtemps, la Chine est restée à la traîne de l’industrie européenne en matière d’automatisation, tirant profit du bas coût de sa main d’œuvre pour s’imposer comme l’usine du monde. C’est désormais terminé.
En 2019, la Chine est passée pour la première fois devant la France en matière de robotisation dans ses usines, selon l’enquête annuelle de la fédération mondiale de la robotique IFR robotics.
En 2019, les sites de production chinois disposaient de 187 robots pour 10 000 salariés dans le secteur manufacturier. Les usines françaises pointent en moyenne à 177 robots pour 10 000 salariés. Certes, la Chine reste loin des meilleurs de la classe : Singapour (918 robots pour 10 000 salariés), la Corée ou l’Allemagne (346 soit une densité deux fois plus forte que la France ramenée au nombre de salariés).

Avec ses 42 000 robots en fonctionnement, la France reste dans le ventre mou européen, en retard par rapport à ses voisins italiens (74 000 robots) et surtout allemands dont le stock de robots est cinq fois plus élevé (221 000) . Belgique, Pays-Bas, Suède et Espagne font aussi mieux que les entreprises tricolores, désormais talonnées par la Slovaquie. Le poids de l’industrie automobile, qui reste de très loin la plus friande de robots industriels, n’explique pas entièrement les écarts. Les PME françaises se sont moins modernisées que leurs voisines.

Davantage de nouveaux robots en France
Les efforts de rattrapage des industriels français sont pourtant là. En 2019, près de 6 700 nouveaux robots ont été mis en service, en progression de 15 % sur un an, alors que l’industrie allemande en a moins installé que l’année précédente. En grande partie orienté sur la modernisation du tissu productif, le plan de relance présenté en septembre par le gouvernement espère inciter les industriels à poursuivre leur robotisation à marche forcée, malgré les incertitudes des prochains mois.
Au niveau mondial, la marche des robots dans les usines pourrait ralentir. Le nombre de nouveaux robots industriels a déjà reculé de 12% en 2019, avec 373 000 nouveaux robots installés dans des usines, dont les deux tiers en Asie. "Il faudra attendre 2022 ou 2023 pour revenir aux niveaux de demande d’avant-crise", pointe Milton Guerry, le président de la fédération de la robotique. A une exception possible : la Chine, dont l’économie est repartie plus tôt. En 2019, son stock de robots a progressé de 21 %, avec 140 500 nouvelles machines. De quoi creuser petit à petit l’écart.



