L’État est-il bien armé pour mener une politique industrielle volontariste ? La Cour des comptes égratigne le dispositif d’aides aux relocalisations mis en place en septembre 2020 dans le plan de relance. Au total, 531 projets ont bénéficié de 838 millions d’euros de subventions entre 2021 et 2022. L’objectif initial du dispositif était d’encourager des projets de relocalisation ou d’implantations d’usines dans cinq secteurs clés : l’électronique, l’agroalimentaire, la santé, les intrants pour l’industrie et la 5G. Mais aussi, et c’est là le problème, d’encourager la relance à court terme des décisions d’investissement après la pandémie. Résultat, « la procédure de sélection n’a pas obéi à une stratégie industrielle identifiable », pointe la Cour des comptes dans son rapport.
Des budgets accordés à des projets "peu pertinents"
Certains projets ont été financés, alors que Bercy et Bpifrance les avaient jugés peu pertinents au vu des enjeux de souveraineté. Et peu concernent des relocalisations d’activités parties à l’étranger. Faute de cibles bien définies, les effets sur la sécurisation des approvisionnements «restent encore largement à démontrer», précise le rapport. La Cour des comptes n’a pas relevé d’impact sur le solde commercial des secteurs visés. Le seul indicateur d’évaluation prévu des projets concernait les créations d’emplois. Un critère jugé peu pertinent alors que les projets de relocalisation mobilisent beaucoup d’automatisation. Seuls 11 700 emplois devraient être créés, alors que l’objectif était de 60 000. La haute juridiction financière estime que certains défauts ont été corrigés depuis dans France 2030, qui a pris la suite du plan de relance. Mais elle prévoit de se pencher sur d’autres soutiens à l’industrie.



