La «compétitivité durable», nouvelle marotte de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen

Pour conserver sa place à la tête de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a plaidé pour une Europe plus verte, tout en mettant l’accent sur l'industrie. De quoi contenter tous les bords politiques.

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Ursula von der Leyen 18 juillet 2024
Ursula von der Leyen rempile pour un deuxième mandat comme présidente de la Commission européenne.

Un peu de vert, un peu de gris, quelques accents communautaires et voilà un discours qui se dessine. Jeudi 18 juillet, Ursula von der Leyen a réussi un exercice périlleux : se faire réélire à la présidence de la Commission européenne pour cinq années supplémentaires, alors même que durant les cinq dernières années, elle a souvent été critiquée. Pour parvenir à convaincre 401 eurodéputés (il en fallait au minimum 360 votant en sa faveur), elle a tenté une nouvelle formule : la «compétitivité durable».

Ursula von der Leyen promet notamment un «pacte pour une industrie propre»  afin «de garantir la compétitivité de nos secteurs industriels ainsi que des emplois de qualité». Pour plaire aux élus écologistes, elle a promis de poursuivre la mise en œuvre du Pacte vert - cet ensemble de textes supposés faire de l’Europe le premier continent neutre d'un point de vue climatique d’ici à 2050. En parallèle, elle a annoncé une nouvelle législation visant à accélérer la décarbonation de l’industrie.

«Elle s’engage en faveur du Pacte vert et refuse tout retour en arrière en la matière pour rassurer les Verts et le Centre-gauche. Mais elle le cadre dans l'optique de la compétitivité afin de rassurer son propre parti», analyse Thu Nguyen, directrice adjointe du Jacques Delors Centre à Berlin. Ursula von der Leyen est en effet issue de la principale famille politique dans l’hémicycle : celle du Parti populaire européen (PPE).

Cinq ans pour créer «l’Union de la défense»

Les Chrétiens-démocrates sont traditionnellement soucieux de faire perdurer la croissance économique, de simplifier autant que possible les règles qui touchent aux entreprises et de renforcer le tissu industriel du Vieux continent. Ursula von der Leyen a multiplié les appels du pied en ce sens, en promettant, entre autres, la simplification et l’accélération des règles de permis pour certaines technologies dites «net zéro».

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L’industrie de la défense n’est pas en reste dans les priorités de la présidente, qui veut maintenant construire une «Union de la défense». En plus de désigner un commissaire en charge de ce sujet, l’Allemande souhaite «créer un véritable marché unique pour les produits et services de défense, qui permettra de consolider les capacités de production et favorisera la passation conjointe de marchés». A cette fin, elle plaide pour le renforcement du programme pour l'industrie européenne de la défense.

Au sein du bureau européen de Greenpeace, Jorgo Riss s’inquiète d’ores et déjà : «Son programme porte l'empreinte des intérêts des grandes entreprises et conduira à une concurrence néocoloniale accrue pour les ressources, à davantage de pollution et à d’exploitation des personnes et des écosystèmes».

Ursula von der Leyen a maintenant cinq ans pour faire de ses multiples promesses des réalités et tenter de faire ses preuves en vue de développer une politique industrielle climatiquement neutre. Tout un programme.

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