Le dictionnaire de la bulle européenne compte une nouvelle entrée : la «sécurité économique». Depuis quelques mois, le concept s’est imposé sur la scène européenne, à l’image par exemple de celui, lié, d’ «autonomie stratégique» avant lui. Mercredi 24 janvier, la Commission européenne a dévoilé un paquet législatif consacré à cette «sécurité économique» qui apparaît aujourd’hui comme un pilier majeur de la politique européenne de l’Union européenne (UE) vis-à-vis du reste du monde.
Ce paquet de la Commission européenne «intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et de bouleversements technologiques», ne cache pas une source au sein de l’institution. Son idée centrale consiste à s’assurer que les investissements étrangers vers l’UE soient correctement «filtrés», afin qu’ils n’aillent pas à l’encontre des intérêts du Vieux continent. Une autre idée mise sur la table par l’exécutif européen est de filtrer également les investissements sortants - pour éviter les éventuels transferts de technologie.
«C’est un changement de culture pour les Européens que de passer à cette logique de sécurité économique qui est encore fraîche et nouvelle pour eux. L’Europe penche d’ailleurs plutôt vers une sécurité économique "ouverte", dans le sens où il ne s’agit pas, pour elle, de basculer dans un grand élan protectionniste, mais de faire sa propre appréciation des risques», analyse Elvire Fabry, spécialiste de la géopolitique du commerce à l’Institut Jacques-Delors.
Un "changement de culture"
Ce «changement de culture» a progressivement pris de l'ampleur. Dès juin, à l’Assemblée nationale, le commissaire européen Thierry Breton avisait les députés de ce «sujet d’importance» visant à «dérisquer» des dépendances par rapport à la géopolitique des chaînes de valeur». Sa cheffe, Ursula von der Leyen, à la tête de la Commission européenne, appelait pour sa part l’Europe, dans son très suivi discours sur l’Etat de l’Union en septembre, à «renforcer sa sécurité économique» pour se prémunir des restrictions imposées par la Chine à l’exportation de gallium et de germanium, «essentiels à la fabrication des semi-conducteurs et panneaux solaires».

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Très récemment, depuis Davos, le vice-président exécutif de la Commission Valdis Dombrovskis expliquait au Financial Times que les actions de l’UE devaient être «ciblées et proportionnées», pour que le «débat sur la sécurité économique ne devienne pas un prétexte au protectionnisme».
Car l’équation entre promotion de la sécurité économique et défense du libre-échange n’est pas aisée à résoudre, surtout face au «rival systémique» qu’est la Chine et aux restrictions aux exportations en cascade décidées par les Etats-Unis. Dans ses conclusions, le Conseil européen a déjà admis «qu'il est nécessaire de renforcer la résilience et la sécurité économiques de l'Union afin de défendre les intérêts de l'Union au niveau mondial tout en préservant une économie ouverte». Une priorité toute trouvée pour la prochaine Commission européenne ?



