[L’instant tech] Weez-U Welding à l’assaut du soudage avec son robot télécommandé

Weez-U Welding a conçu un robot de soudage télécommandé à distance. La jeune entreprise s'est concentrée sur l'ergonomie de la manette afin de faciliter la prise en mains du système par les soudeurs. L'objectif : augmenter leur productivité tout en les écartant des fumées cancérogènes et de la lumière.

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Weez-U Welding robot de soudure
Un fil de dix mètres relie la manette au robot de soudure.

«Weez-U Welding est né d’un constat des forces et des faiblesses de la robotique traditionnelle sur les opérations de soudure», explique simplement son cofondateur Benoit Tavernier. Les robots de soudure sont conçus pour répéter une opération unique sur des pièces strictement identiques et dans la même position. Des contraintes qui en font des outils largement utilisés par l’industrie automobile pour ses pièces précises en grande série. «Dans la réalité, beaucoup d’industries n’ont pas les mêmes conditions de répétabilité que celles de l’automobile», précise le dirigeant. L’ajout de caméras ou d’autres capteurs pour identifier les variabilités des pièces et corriger la trajectoire du robot n’est pas suffisant pour pallier ces problèmes.

Une manette ergonomique

Weez-U Welding prend le contre-pied de l'approche visant à rendre les robots de soudure autonomes. «Seul l’être humain est capable de décider ce qu’il faut faire pour réussir la soudure», glisse Benoit Tavernier. La start-up a mis au point un robot piloté à distance par un opérateur équipé d'une manette. L’entreprise s’est tout particulièrement concentrée sur l'ergonomie du contrôleur, «qui s’inspire de celle des manettes de jeu vidéo» pour simplifier au maximum la prise en mains, pointe le cofondateur. Un écran a été ajouté pour le retour vidéo en temps réel ainsi qu’un bouton d’arrêt d’urgence. Pièce maîtresse, un robot six axes dont la torche de soudage peut être changée selon les besoins réalise la soudure dans un rayon limité à deux mètres.

Les connaissances du soudeur sont essentielles : seul lui comprend les phénomènes physiques de la soudure, notamment des bains de soudure, et sait quel mouvement effectuer. La gestuelle du déplacement de la torche de soudage est longue à acquérir. «Avec notre système, l’aspect gestuel est beaucoup plus facile à obtenir, y compris pour un débutant», assure l'entrepreneur. Il est possible d’ajuster les mouvements du robot et sa vitesse à tout moment.

Le temps de réaction ne doit pas dépasser 150 à 200 millisecondes entre la transmission de l’image, la décision du soudeur et l’application par le robot. La manette est donc reliée au robot par un câble de dix mètres. Une distance suffisante pour protéger le soudeur de la lumière et des fumées cancérogènes. La solution, montée sur un chariot à roulettes pour se déplacer facilement dans l'atelier, se veut flexible et ajustable à des productions variables. A la clé ? Un gain de productivité, qui permet au soudeur de travailler plus longtemps. «Le robot prend en charge les aspects pénibles, dangereux et répétitifs», liste Benoit Tavernier. Le bras robotisé et son armoire électrique pèsent environ 150 kilos.

Deux premiers clients

La soudure est un procédé industriel indispensable. Et les cas d'usages compatibles avec la robotique classique y ont été convertis depuis de nombreuses années. Weez-U Welding cherche à proposer une solution pour les soudures ne pouvant pas être faites avec ces robots aux trajectoires définies. «Nos premiers clients sont des déçus de la robotique», assure le cofondateur.

L'entreprise propose des formules d’abonnement mensuel sur cinq ans comprenant la mise à disposition du robot de soudure, sa maintenance et ses mises à jours (ajout de nouvelles soudures, gestion de l’ergonomie, etc.). La start-up a commercialisé sa solution auprès de deux premiers clients : le Cetim pour ses programmes de R&D et le fabricant de camions frigorifiques Chereau. Ce dernier l’utilise pour des châssis et des pièces accessoires, des tâches répétitives mais présentant une légère variabilité. Chereau assure que la cadence est 1,5 fois plus rapide depuis qu’il s’est équipé de ce robot.

Weez-U Welding espère vendre une cinquantaine de systèmes sur l’année à venir, et réaliser ses premières initiatives à l’export. Elle vise particulièrement des clients avec de grandes pièces, une épaisseur de métal importante, des pièces uniques, etc. «Rien qu’en France, plus de 10 000 sociétés font des travaux de soudure», ajoute Benoit Tavernier, qui observe un marché vaste et fragmenté. Des expérimentations devraient être menées avec des acteurs comme Naval Group, qui ont des besoins de soudage pour de très grandes pièces.

En parallèle, la société planche sur un bras ultraléger, transportable dans une caisse à outil. Ce nouveau produit devrait être mis en service «dans un an et demi», envisage Benoit Tavernier. La start-up basée à Nantes (Loire-Atlantique) compte une douzaine de salariés et peut livrer une machine par semaine. L’ambition, d’ici trois ans, est d’atteindre une quarantaine de salariés dans la foulée de la commercialisation de son bras ultraléger.

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