[L'instant tech] Avec ses micro-batteries en céramique, Iten vise les petits dispositifs électroniques

Après une longue période de R&D et une levée de fonds de 80 millions d'euros en octobre 2022, la start-up Iten a annoncé le 11 janvier la création d'une usine en Saône-et-Loire, pour industrialiser sa technologie de micro-batteries lithium-ion à base de céramique.

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Ligne pilote Iten
Iten a levé 80 millions d'euros pour industrialiser ses micro-batteries et dispose d’une ligne pilote à Dardilly (Rhône).

Remplacer les piles boutons et les supercondensateurs par des batteries lithium-ion. C’est avec cette promesse et ses débouchés – dans les circuits imprimés, l’internet des objets et l’électronique portable – qu’Iten a levé 80 millions d’euros en octobre 2022. Synonyme de passage à l'échelle industrielle, ce tour de table permet à la pépite créée en 2011 d'ouvrir une usine à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Annoncé le 11 janvier, le site devrait être opérationnel en 2026 et accueillera dans un premier temps une centaine d'emplois. 

Monter les batteries sur des cartes électroniques

Docteur en électrochimie passé par Usinor et une start-up du groupe Dassault, Fabien Gaben a décidé de lancer sa propre entreprise après que des amis électroniciens lui ont fait part de «ce besoin de batteries miniatures non satisfait». Cinq ans de R&D puis trois ans de pré-industrialisation lui ont permis de mettre au point une batterie lithium-ion miniature assemblable automatiquement sur un circuit imprimé, selon la technique des composants montés en surface (CMS) en vigueur dans l’industrie des cartes électroniques.

En empilant des couches céramiques, l’accumulateur peut stocker beaucoup d’énergie dans un faible volume et fournir des puissances importantes, vante Fabien Gaben, qui souligne que ses plus petites batteries sont épaisses d’une centaine de microns, «soit deux cheveux sur quelques millimètres carrés».

Pour y parvenir, Iten a développé ses propres machines et matériaux. La société, qui compte une cinquantaine d’employés et environ 300 brevets déposés dans le monde, dispose déjà d’une ligne pilote à Dardilly (Rhône) dont les capacités de production devraient passer à 40 millions d'unités par an d'ici début 2024. 

A plus grande échelle, la capacité de production de sa nouvelle usine «est prévue pour croître par tranche modulaire de 100 millions de composants par an et dont la première sera opérationnelle en 2026», détaille Fabien Gaben dans un communiqué. La start-up travaille par ailleurs avec le groupe SEB, l’un de ses investisseurs, pour développer des batteries solides de forte capacité destinées à l’électronique de tous les jours, du téléphone aux outils. 

Les challengers

• ENSURGE. Anciennement Thin Film Electronics, cette société norvégienne cotée s’est réorientée en 2020 et prévoit de produire en Californie des micro-batteries solides en recourant à une technologie de couche mince déposée au rouleau sur de l’acier inoxydable.

• CYMBET. Fondée en 2000, l’entreprise américaine propose des micro-batteries solides en couche mince pour les systèmes microélectroniques et possède deux usines aux États-Unis, dont l’une aux côtés du fondeur de semi-conducteurs X-Fab.

• CEA-LETI. En 2019, le laboratoire public d’électronique a présenté une micro-batterie à électrolyte solide produite avec des procédés classiques de microélectronique sur silicium. Il travaille avec un industriel de la santé pour l’adapter à un capteur de pression intraoculaire.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3713 - Décembre 2022

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