L’ocre de la terre battue, le cri des juges de ligne, les victoires de Rafael Nadal… et l’intelligence artificielle (IA). Le tournoi parisien de Roland-Garros, dont la 120e édition se tient du 30 mai au 13 juin, ne boude pas les innovations technologiques. En tête, l’IA permet de décortiquer les matches point par point, devenant un outil de choix dans l’entraînement des athlètes et l’expérience des fans.
Partenaire de l’entreprise de services du numérique (ESN) indienne Infosys depuis 2019, le Grand chelem connaît une seconde quinzaine marquée par les restrictions sanitaires dues au Covid. Après une édition 2020 pluvieuse et à huis clos, Roland-Garros mise sur l'IA et la visualisation 3D pour séduire les spectateurs en ligne et compenser la limite de 5 000 personnes admises dans les stades de la porte d’Auteuil.
Entraînement et journalisme augmentés
L’ESN propose aux joueurs et à leurs entraîneurs de revoir une partie, quelques secondes après la balle de match. Loin du simple replay, l’application Roland Garros Players permet d’analyser son jeu, ou celui d’un futur adversaire, dans les moindres détails : coups droits réussis ou manqués, premiers et seconds services, balles de breaks… En interrogeant la plateforme via un algorithme de traitement du langage naturel, chaque coup peut être analysé en prévision d’un match pour orienter une séance d’entraînement.
Utilisée notamment par le vainqueur de l’édition 2016, Novak Djokovic, la plateforme permet également d’analyser "les points positifs des performances des joueurs et les domaines à privilégier", est-il indiqué dans un communiqué. L’outil se base notamment sur les données captées par le Hawk-eye (œil de faucon en anglais), ce système d’arbitrage vidéo qui suit la trajectoire de la balle au millimètre près, tout en enregistrant sa vitesse et sa vitesse de rotation.
L’outil d’Infosys se base également sur son analyse des échanges pour générer automatiquement, dès le match fini, les vidéos des temps forts des matchs. Un outil de journalisme augmenté auquel s’ajoute la génération de graphiques, statistiques et aperçus.
Et le saucissonnage des matches ne profite pas qu’aux professionnels. L’application mobile dédiée au Grand chelem permet aux fans de suivre le match en direct… et de mieux le comprendre, grâce à une visualisation des instants clés de la confrontation, sélectionnés par un algorithme d’IA. Un module permet aussi de visionner les balles gagnantes en 3D, dans une reproduction virtuelle du stade.
Les représentations tridimensionnelles sont aussi au cœur d’une nouvelle attraction : un musée virtuel rassemblant affiches officielles et œuvres d’art pour "découvrir la culture et l’histoire de Roland-Garros", est-il indiqué. Pas sûr que cela remplace l’effervescence des allées de la porte d’Auteuil.



