Voilà de quoi intéresser ceux qui pensent l’industrie de demain verte et relocalisée... L’Office européen des brevets et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) viennent de publier un rapport sur l’innovation dans les batteries et le stockage de l’électricité. Un pavé qui donne un aperçu des dynamiques à l’œuvre dans le secteur, obtenu en comptabilisant l’ensemble des brevets déposés sur le sujet entre 2000 et 2018.
La première conclusion est peu surprenante. L’innovation dans les batteries a connu ces dernières années une croissance constante, portée par l’impératif de transition énergétique et l’essor des véhicules électriques. En 2018, quelque 7 100 brevets internationaux relatifs au stockage électrique ont été déposés, soit sept fois plus qu’au tournant du siècle.
Une dynamique portée par les batteries, qui représentent près de 9 brevets déposés sur 10. Les accumulateurs lithium-ion tenant le haut du panier… Une bonne nouvelle quand on sait que pour être en phase avec le scénario de transition de développement durable de l’AIE, le marché du stockage de l’énergie devrait atteindre 10 000 GWh en 2040, cinquante fois plus que le marché actuel.
L'Europe à la traine
La seconde conclusion à tirer du rapport est plus inquiétante. Car si l’innovation est là, elle semble l’apanage des géants asiatiques, laissant l’Europe et les États-Unis loin derrière. Seul l’allemand Bosch parvient à se positionner dans le top 10 des entreprises qui déposent le plus de brevets, un classement trusté par des acteurs japonais et coréens, avec Samsung, Panasonic et LG Electronics en tête.

La France se place sur la deuxième marche du podium européen, loin derrière l’Allemagne. Parmi les entreprises tricolores, le CEA fait honneur en se plaçant à la 23e place. Loin devant Total (122) et Renault (149). Au global, l’Europe place six entreprises dans le top 25 et les États-Unis deux.
Un classement établi à partir des données 2000-2018, ne tenant donc pas compte de l’irruption récente de Tesla, qui veut se positionner sur la production de batteries. Le jour de la parution du rapport, la firme d’Elon Musk a annoncé souhaiter diviser par deux le coût de ses batteries. Elle compte pour cela sur des améliorations incrémentales, l’élimination du cobalt des cathodes et l’internationalisation d’une partie de la production des accumulateurs, pour l’instant dévolue à Panasonic, LG Chem et CATL. À voir si cela fera vraiment bouger les lignes de l’innovation.



