Le bestiaire des robots flippants continue de s’étoffer. Après la chauve-souris bionique, la tentacule mécanique et le robot empaillé, découvrez le HAMR-JR, pour “Harvard ambulatory microrobot junior”. Cette petite machine, aux allures d’insecte, a été dévoilée début juin par des ingénieurs américains de l’université Harvard (États-Unis).
Le HAMR-JR peut escalader des pentes à 50 degrés
Avec un poids de 320 milligrammes, le HAMR-JR dépasse à peine la taille d’une pièce d’un centime. Ne vous fiez pas à ses dimensions : comme un cafard, ce micro-robot peut vous entraîner dans une course poursuite effrénée. Ses quatre petites pattes lui permettent de trotter, de bondir, d’encaisser des chutes, d’escalader des pentes à 50 degrés et d’effectuer une marche arrière. En une seule seconde, il peut courir 14 fois sa propre taille (environ 2 centimètres).
Kaushik Jayaram/Harvard SEAS (Crédit : Kaushik Jayaram / Harvard SEAS)
“À cette échelle, la plupart des robots sont plutôt simples et ne présentent qu’une mobilité basique”, assure dans un communiqué Kaushik Jayaram, l’un des principaux ingénieurs derrière l’étude. “Nous avons montré qu’il n’est pas nécessaire de compromettre la dextérité ou le contrôle pour la taille”, ajoute-t-il. Les conclusions de leurs recherches ont été présentées à l’ICRA 2020 (International Conference on Robotics and Automation), un événement virtuel qui devait se tenir initialement à Paris
Une fabrication inspirée des livres pop-up
Quel but sert le robot-cafard ? Le HAMR-JR représente en fait une version deux fois plus petite d’un autre robot, le HAMR. Les ingénieurs voulaient ainsi vérifier s’ils pouvaient utiliser la même méthode de fabrication et le même design pour construire un robot encore plus petit. Pour les deux appareils, les ingénieurs ont utilisé un processus baptisé PC-MEMS (pour “systèmes microélectromécaniques à circuits imprimés”) où les composants du robot sont “gravés” sur une surface 2D. Les ingénieurs ont également découpé une feuille de fibre carbone au laser selon un motif précis. À la façon d’un livre pop-up, cette feuille se déploie ensuite en trois dimensions pour former la structure principale du robot.
À terme, l’équipe américaine estime que les micro-robots pourraient servir à surveiller certaines infrastructures. Les petits appareils pourraient également aider des missions de secours ou de recherche en se frayant un chemin dans des zones inaccessibles pour les humains.




