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L’IA, l’alliée indispensable pour contrôler le robot humanoïde Reachy 2 de Pollen Robotics

Pollen Robotics s’est rapprochée de Meta et de la start-up Hugging Face pour travailler sur les briques d’IA embarquées dans Reachy 2, la dernière version de son robot humanoïde. Présenté le 2 octobre, ce robot open-source et modulable a vocation à être commercialisé dans un premier temps auprès des laboratoires de recherche.

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Reachy 2 de Pollen Robotics robot humanoïde
Le robot humanoïde Reachy 2 de Pollen Robotics va d'abord être commercialisé auprès des laboratoires publics et privés ainsi que des centres de R&D en IA.

«Un robot humanoïde pensé pour être le corps des nouvelles générations d’intelligence artificielle.» C'est avec ces mots que Matthieu Lapeyre, fondateur de Pollen Robotics, présente Reachy 2, dévoilé le 2 octobre. Un robot humanoïde en haut – avec un torse, deux bras et un bloc en guise de tête – monté sur une base roulante pour se déplacer sur un sol plat dans toutes les directions.

Forte d’une trentaine de salariés, la start-up bordelaise (Gironde) commercialise ce robot à la fois open-source et modulable auprès des laboratoires de recherche. Elle espère aussi séduire des industriels de la biologie et la chimie, car ce robot flexible est tout indiqué pour réaliser une même procédure, composée de tâches variables, plusieurs fois par jour.

De nouvelles articulations

Reachy 2 est plus robuste que son prédécesseur, notamment grâce à une structure en aluminium et non plus imprimée en 3D. Il comporte aussi deux nouvelles articulations pour gagner en dextérité : l’une pour les mouvements 2D de l’épaule et du coude et l’autre pour les mouvements 3D du cou et des poignets. Reachy 2 est également plus costaud, chaque bras étant capable de porter jusqu’à 3 kilos de charge. A leurs extrémités, Pollen Robotics confirme son choix d'opter pour des pinces, moins polyvalentes mais plus robustes que des mains avec cinq doigts. «L’extrémité des pinces peut être changée facilement pour adapter le robot aux objets qu’il doit saisir», nuance Matthieu Lapeyre.

Au-delà des capacités mécaniques du bras et de la finesse de la préhension, ses facultés de manipulation dépendent aussi de la façon dont le robot est commandé. Pour les briques d’intelligence artificielle (IA), la pépite a noué un partenariat avec le géant américain Meta, la start-up franco-américaine Hugging Face, qui propose une plateforme open source de briques d'IA, et le fournisseur de cloud français Scaleway. Les partenaires travaillent sur un système de téléopération du robot, pour le contrôler et lui apprendre de nouvelles tâches à distance. Il comprend des algorithmes d’IA embarqués, qui définissent eux-mêmes les commandes motrices à exécuter pour reproduire l’action. Le robot peut aussi prendre en compte la variabilité de son environnement grâce aux données collectées par ses capteurs, dont un système de vision 3D.

Reachy 2 de Pollen Robotics robot humanoïdePollen Robotics
Reachy 2 de Pollen Robotics robot humanoïde Reachy 2 de Pollen Robotics robot humanoïde

Il est possible de téléopérer le robot Reachy 2. © Pollen Robotics

Une levée de fonds prévue pour 2025

Dans le détail, Meta a apporté un mentorat technique, notamment sur son LLM Llama et son outil de génération de code baptisé Code Llama. L’entreprise américaine a aussi permis la rencontre avec Hugging Face et son équipe LeRobot, spécialisée dans la robotique. Cette dernière cherche à uniformiser les modèles algorithmiques existants et à faciliter leur accès en les référençant sur une même plateforme. Elle se concentre tout particulièrement sur les méthodes d’apprentissage qu’elle souhaitait tester sur un robot humanoïde. D'où le rapprochement naturel avec Pollen Robotics. Les briques d’IA génératives peuvent aider à différents niveaux, par exemple pour donner la capacité au robot de s’auto-programmer ou pour générer des variations d’une simulation afin d’entraîner le système.

Pollen Robotics teste des modèles, avec l’aide des équipes de Hugging Face, dans le but d'identifier et sélectionner les plus efficaces pour l’usage des robots humanoïdes. «Le travail n’est pas terminé, tempère Matthieu Lapeyre. Il faut poursuivre la recherche afin d’avoir les modèles d’IA les plus pertinents pour la robotique et notamment la manipulation avancée afin d’obtenir une solution industrielle.» Pour alimenter ses recherches, Pollen Robotics prévoit de lever des fonds courant 2025.

Grâce à l’engouement pour ce sujet, la start-up explique avoir plus de marques d’intérêts des financiers que lors de sa précédente levée en 2022. D’une part, le gouvernement finance ce secteur notamment avec France 2030 et des appels à projets comme celui sur «l’offre de robots et machines intelligentes d’excellence». D’autre part, la multiplication de start-up comme Unitree, Agibot et Apptronik – et de vidéos mettant en avant les exploits de leurs robots humanoïdes – contribue à l’enthousiasme autour de cette techno. De quoi soulager Pollen Robotics dans sa quête de financement.

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