Plutôt que d’écrire une charte, Legrand a choisi de négocier avec ses syndicats sur l’inclusion des salariés LGBT+. «Une direction ne peut pas imposer des changements de comportement, explique Bruno Debatisse, le DRH France du fabricant de matériel électrique de Limoges (Haute-Vienne). En matière de diversité, pour que les choses avancent, il est important d’avoir l’adhésion du corps social.»
Profitant du renouvellement de l’accord sur l’égalité professionnelle femmes-hommes, direction et syndicats ont ajouté un paragraphe «Inclusion des personnes LGBT+». «Il y a eu un important travail à faire, parce qu’on retrouve dans les organisations syndicales la même diversité de positions que dans la société. Mais la confrontation d’idées a fait ressortir les points sur lesquels tout le monde était d’accord», poursuit le DRH. Le texte a été signé le 22 février 2022 par les quatre syndicats du groupe.
Legrand possède de longue date un accord sur l’inclusion des personnes en situation de handicap, qui représentent 8 % de ses salariés. Il s’est aussi doté d’un dispositif original pour garantir l’égalité professionnelle entre femmes et hommes : un groupe de quatre responsables RH peut être saisi de toute question de discrimination, sexisme, harcèlement moral ou sexuel. Les représentants du personnel, déjà formés à ces deux enjeux de la diversité, l’ont été, une journée entière, aux questions LGBT+, grâce à l’appui de Legrand Rainbow. Ce réseau de collaborateurs LGBT+ est né en 2020 à l’initiative de salariés du groupe (37 000 dans le monde, 5 000 en France) au Danemark. «Nous nous sommes aussi appuyés sur lui pour revoir la sémantique de notre guide de la parentalité, raconte Bruno Debatisse. Les anciens accords sont très hétéronormés ! » L’accord signé il y a un an ne confère pas de nouveaux droits aux salariés LGBT+. «Il doit créer un environnement accueillant et désinhiber ceux qui n’osent pas se manifester, pour qu’ils bénéficient à plein de leurs droits», souligne le DRH, qui se félicite qu’un collaborateur ait «enfin osé mettre le nom de son compagnon» comme bénéficiaire de sa complémentaire santé.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3176 - Mars 2023



