La lutte contre le Covid-19 entraîne bien des premières. Dont l’une qui pourrait révolutionner la façon de concevoir des vaccins en santé humaine. À partir de la mi-décembre, trois vaccins devraient être testés sur 2 200 volontaires en France, a annoncé l’Inserm. Il s’agit de ceux des géants américain Janssen (filiale de J & J), anglo-suédois AstraZeneca et de la biotech américaine Moderna.
Les deux premiers font appel au génie génétique et pourraient donner une nouvelle application. Le 10 juillet, le Parlement européen leur a exceptionnellement facilité la tâche, via une dérogation à la réglementation sur les OGM pour les essais cliniques menés dans ce cadre précis.
Le vaccin à ADN, sur lequel planche notamment l’Institut Pasteur, est utilisé pour les animaux, mais n’a encore jamais été autorisé chez l’humain. Il ne s’agit pas d’un vaccin vivant, contrairement aux "adénovirus recombinants" des vaccins d’AstraZeneca et de J & J et du vaccin russe Spoutnik V. Le principe : insérer l’antigène (le gène codant la protéine Spike qui déclenche la réponse immunitaire dans le cas du Covid-19) dans des virus vivants, inoffensifs pour nous car débarrassés de leurs gènes pathogènes. Ces vaccins ont été développés sur la base de la plate-forme utilisée par J & J pour son vaccin contre Ebola. Commercialisé depuis mai, ce vaccin – comme son concurrent du laboratoire MSD six mois plus tôt – a été modifié pour contenir une protéine du virus Ebola. Tous deux disposent d’une autorisation de mise sur le marché conditionnelle, réservée à des circonstances exceptionnelles, et doivent fournir des preuves supplémentaires. Concernant ces technologies prometteuses mais très récentes de vaccins vivants recombinants, le généticien Axel Kahn juge nécessaire d’exiger une étude d’innocuité poussée.



