«Je suis un chercheur avant tout» : les premiers mots de Philippe Baptiste, ministre de la Recherche venu du Cnes

Philippe Baptiste a quitté la présidence du Centre national d'étude spatiales (Cnes) le 23 décembre pour devenir ministre délégué à la Recherche auprès de la ministre de l'Éducation Elisabeth Borne.

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AFP NE PAS REUTILISER Philippe Baptiste
Âgé de 52 ans, Philippe Baptiste, directeur du Centre national d’études spatiales (Cnes), a été nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

«Je suis un chercheur, d’abord et avant tout», a affirmé Philippe Baptiste le 24 décembre, lors de son discours de passation de pouvoir avec son prédécesseur Patrick Hetzel au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce docteur de l'UTC (Université technologique de Compiègne) et ingénieur civil des Mines de Nancy, président du Cnes depuis 2021, passé auparavant par le CNRS, IBM et TotalEnergies, dit avoir passé «les plus belles années de (sa) vie dans des laboratoires à Compiègne, aux États-Unis, en Australie et à l’X». Alors pourquoi les quitter ? «Si j’ai depuis lors pris des responsabilités collectives, c’est parce que j’ai la conviction que la recherche doit être portée et défendue dans la société où elle prend place par ceux qui la font et qui l’aiment», a-t-il déclaré. Il était d'ailleurs déjà passé par le ministère comme directeur de cabinet de Frédérique Vidal et a été conseiller Éducation à Matignon.

«On ne peut pas aimer la science sans croire au progrès, non pas au sens d’un solutionnisme béat, mais au sens de notre évidente capacité à comprendre et à résoudre les problèmes nouveaux de notre temps par l’intelligence collective», a-t-il affirmé dans son discours de passation de pouvoir. «Cela suppose d’avoir une vision ouverte de la recherche. Elle n’a rien à perdre à ce dialogue, pourvu que ses conditions de liberté essentielles soient garanties : elles le sont et le seront. Je serai le garant de cette indépendance et de cette ouverture, car elles sont les conditions de notre excellence collective.»

Equation budgétaire complexe

Le nouveau ministre a rappelé «l'excellence» de la recherche française - «qui ne doit pas nous conduire à la complaisance», s'est-il empressé d'ajouter. «Nous devons nous attaquer sans tarder aux défis qui sont les nôtres : des inégalités sociales territoriales dans l’accès et les parcours dans l’enseignement supérieur, des résultats parfois insuffisants dans certaines disciplines, une recherche trop souvent éclatée et difficile à coordonner», a-t-il détaillé. Mais le défi immédiat sera avant tout budgétaire. "Je sais que de nombreux établissements sont dans une situation budgétaire tendue. Il nous faut faire des choix et établir des priorités dans chaque établissement. Il nous faut aussi démontrer et expliquer, sans relâche, que la recherche et l’enseignement supérieur sont partie intégrante de l'avenir du pays.»

La Loi de programmation de la recherche (LPR) et le plan d’investissements France 2030 devaient donner de la visibilité et de la stabilité au monde académique : une dynamique qu'il faudra défendre dans un contexte budgétaire chaotique, et alors que le ministère de l'Enseignement supérieur est fondu dans celui de l'Éducation nationale.

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