Plus jeune que le patron de SpaceX Elon Musk, féru de numérique, ex-start-upper, Philippe Baptiste a pris la tête du Centre national d’études spatiales (Cnes) en avril. Le nouveau président coche les bonnes cases pour faire basculer l’industrie spatiale tricolore dans l’ère du new space, des fusées réutilisables et des constellations de satellites.
À la tête d’une agence forte de 2 300 collaborateurs et d’un budget de 2,3 milliards d’euros, il sera chargé de définir et d’exécuter la stratégie spatiale de la France. « Je viens du monde du numérique. Je suis particulièrement sensible à la question des données et des nouveaux modèles de l’innovation. C’est au cœur du projet que j’ai pour le Cnes », aime à rappeler ce spécialiste d’algorithmique et d’intelligence artificielle.
Le dirigeant connaît également bien le monde de l’entreprise. Il a participé à la création et au développement de plusieurs start-up, mené des collaborations avec des industriels du numérique et de l’aéronautique et réalisé un bref passage comme directeur scientifique chez Total.
Il pourra s’appuyer sur sa fine connaissance des rouages ministériels. Un atout, le Cnes ayant une triple tutelle : le ministère de l’Économie, le ministère des Armées et celui de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, où il a été directeur de cabinet de Frédérique Vidal. Philippe Baptiste devra également endosser le rôle de défenseur de l’industrie spatiale française, qui compte 15 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 7,4 milliards d’euros.



