Depuis le début des années 2000, des sous-traitants français s’installent en dehors de nos frontières, d’abord en Europe de l’Est puis au Maghreb et en Chine. L’objectif : accéder à une main-d’œuvre bon marché et développer des synergies industrielles pour produire à bas coût, à l’image des industries allemande et japonaise. Progressivement, l’économie mondiale se régionalise et les Français prolifèrent dans des hubs internationaux, sur tous les continents.

Toujours construits autour des donneurs d’ordres, les hubs conservent des objectifs de coût. Mais ce sont aussi des outils qui permettent d’attaquer de nouveaux marchés ou de répondre à des obligations de création d’emplois locaux. Dans ces zones, la chaîne de valeur d’une filière se développe au gré du marché, des volumes et des stratégies des donneurs d’ordres. Des activités de flux tendu et de proximité, la supply chain remonte au fur et à mesure vers la transformation de la matière première et les secteurs capitalistiques.
CHINE

PSA, Renault, Plastic Omnium, Valeo... Près d’une centaine d’entreprises françaises, dont 40 % dans le secteur automobile, sont installées à Wuhan, au centre de la Chine. Désormais connue comme le berceau de l’épidémie de Covid-19, cette ville de 11?millions d’habitants est surnommée la « Detroit chinoise » pour sa forte concentration d’équipementiers et de constructeurs. En 1969, c’est là qu’a été fondé Dongfeng, le deuxième constructeur du pays et partenaire de Nissan, Honda, PSA ou encore Renault.
MAROC

Deux?hubs à Tanger, un à Casablanca et un à Kénitra. Plus que des zones industrielles, le Maroc a créé des zones franches : des bulles douanières dédiées à l’export, où les taxes sont réduites. L’objectif du Royaume, attirer des industriels étrangers. Une stratégie couronnée de succès, tant dans l’automobile que dans l’aéronautique : Renault est arrivé en 2012 à Tanger, PSA en 2019 à Kénitra, Stelia Aerospace est à Casablanca depuis 2012 et Thales y a ouvert un centre d’impression 3D en 2017.
AUSTRALIE

Hub à venir d’un nouveau genre... Dans le cadre du « contrat du siècle », par lesquels l’Australie a confié à Naval Group la fabrication de sa flotte de sous-marins militaires, le groupe français s’est engagé à produire sur place et à développer l’industrie australienne. Pour profiter de l’occasion tout en respectant cet objectif, dit « de souveraineté », certains sous-traitants français viennent s’installer sur l’île-continent. Mais sans garantie quant aux marchés qu’ils remporteront.
MEXIQUE

Des usines qui bordent la frontière nord en passant par les clusters du centre du pays, le Mexique est devenu une base industrielle incontournable pour l’Amérique du Nord, jouant sur ses accords de libre-échange et sa main-d’œuvre bon marché. Depuis l’arrivée de Safran et de Bombardier en 2006, la ville de Querétaro mise sur sa proximité avec la capitale, sa qualité de vie et son université spécialisée pour construire un hub et attirer aussi bien les industriels que les sous-traitants.



