«Nous sommes surpris», déclare Jérémy Gargaros, représentant CGT Figeac Aéro, en réaction à une publication de la Tribune annonçant une possible vente du l'équipementier aéronautique au groupe indien Mahindra. Celui qui a eu vent de la nouvelle, par voie de presse, ajoute «que la direction a réagi dans un communiqué qui reste plutôt vague : nous allons demander des explications».
En effet, le groupe Figeac Aéro a évoqué des «discussions préliminaires initiées avec un potentiel acquéreur», sans aucune information supplémentaire sur son identité, dans un communiqué paru vendredi 7 mars. Jean-Claude Millard, âgé de 68 ans – président, fondateur et principal actionnaire de l’équipementier basé dans le Lot – peut être «sollicité par des candidats acquéreurs d’une participation de contrôle que cela soit en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie», est-il ainsi déclaré dans le communiqué.
Spécialiste des aérostructures et pièces métalliques, notamment les pièces de moteurs, trains d’atterrissage et sous-ensembles, Figeac Aero est un partenaire des grands industriels du secteur aéronautique. Une semaine après l’annonce de ces discussions, son cours de Bourse avait gagné 25%. Le carnet de commandes du groupe se situait à 4,7 milliards d’euros au 30 septembre 2024, et pour son dernier exercice, achevé au 31 mars 2024, Figeac Aero avait réalisé un chiffre d’affaires de 397,2 millions d’euros.
Développement commercial
Le groupe vise un chiffre d’affaires compris entre 420 et 440 millions d’euros pour l’exercice en cours, et est engagé dans le déploiement des axes de «Pilot 28», visant à renouer avec la croissance, après avoir été affecté par la chute d’activité provoquée par la crise Covid. Avec un niveau d'activité désormais proche de celui d'avant-crise, ce plan a notamment pour objectif d’atteindre un chiffre d’affaires compris entre 550 et 600 millions d’euros et une réduction significative de l’endettement, qui devrait être ramené à 200 millions d’ici 2028. Le groupe avait indiqué que 36% de l’objectif de chiffre d’affaires complémentaire (entre 80 et 100 millions d’euros d’ici mars 2028) était déjà «sécurisé» en décembre dernier, soit onze mois après le lancement du plan.
Enfin, sur le volet de la décarbonation, le plan «Pilot 28» comporte un axe environnemental, avec pour objectif l’obtention de la certification ISO 14001. Trois de ses sites industriels l’ont déjà obtenu : Méaulte en Picardie, Montoir-de-Bretagne en Loire-Atlantique, ainsi que le site historique de Figeac. L’objectif est une certification progressive des autres sites, avec une moyenne de deux sites par an d’ici à 2028. Le groupe est implanté en France, aux Etats-Unis, au Mexique, en Roumanie, en Tunisie et au Maroc. Ses effectifs pourraient compter jusqu’à 5500 salariés dans le monde d’ici 2028, contre 3500 aujourd’hui, avec près d’un quart des recrutements prévus en France.



