Nouvelle défaillance dans la filière hydrogène. Le fabricant de véhicules utilitaires à motorisation hydrogène, Hyvia, a annoncé avoir été mis en liquidation judiciaire par le tribunal des activités économiques de Versailles, mardi 18 février. La coentreprise de Renault et de Plug Power, employant une centaine de salariés dans les Yvelines, avait été placée en redressement judiciaire le 10 décembre dernier.
«Forts de leur expertise, les salariés de Hyvia seront tous accompagnés ou reclassés, avec le soutien des actionnaires et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi», indique un communiqué de presse de la société.
Début décembre 2024 Hyvia avait fait part de ses difficultés financières et avait déclaré, en substance, étudier diverses possibilités avec ses actionnaires. Cette décision de liquidation «fait suite à l’absence d’offre de reprise crédibles dans le cadre du processus de recherche de candidats repreneurs mené par l’administrateur judiciaire», explique la société.
Activité industrielle à Flins
Basée dans les Yvelines, Hyvia dont le siège social est implanté à Villiers-Saint-Frédéric disposait, par ailleurs, d’une chaîne de fabrication et de test de piles à combustible au sein de l’usine Renault de Flins. Une implantation constituant un des symboles du projet Refactory de reconversion du site industriel qui a cessé d’assembler des voitures en 2024.
«Les difficultés rencontrées par Hyvia résultent essentiellement de l’émergence trop lente des écosystèmes de mobilité hydrogène en Europe et des coûts de développement très importants que nécessite l’innovation hydrogène», déclare l’entreprise. «Il n’y a pas de marché de l’hydrogène, a réagi Luca de Meo lors de la présentation des résultats annuels de Renault ce 20 février. A un moment, mieux vaut arrêter ce qui ne marche pas.Cela veut pas dire qu’on lâche le sujet , mais pour l’instant il n'y a pas de marché. Je ne veux pas perdre de l’argent».
Hyvia proposait un écosystème hydrogène complet reposant notamment sur une offre de véhicules utilitaires légers à hydrogène de la gamme Renault Master, des solutions de recharge, ainsi que la production de piles à combustible. A Flins, la co-entreprise avait réaménagé un atelier de 3000 mètres carrés afin d’y créer une unité de production et de test de piles à combustible d’une capacité de 1000 piles par an et employant trente collaborateurs dont la moitié sont d’anciens salariés de Renault.



