Nintendo fait l’objet d’une plainte d’UFC-Que choisir auprès du procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine). L’association de défense des consommateurs accuse le groupe japonais de jeux vidéo de pratiquer l’obsolescence programmée dans les manettes de sa console Switch.
UFC-Que choisir avance des chiffres peu glorieux pour l’inventeur du personnage mythique de Mario : 65 % des manettes tombent en panne moins d’un an après leur achat et 25 % moins de six mois après leur acquisition. Si Nintendo France s’est engagé à réparer ou remplacer les manettes défectueuses, le groupe ne semble pas avoir revu la conception et la fabrication pour éviter la panne. C’est justement ce qu’UFC-Que choisir lui reproche.
L’exemple de Nintendo n’est pas un cas isolé. HOP, une ONG à la pointe de la lutte contre l’obsolescence programmée, a attaqué en 2017 Epson à propos de ses imprimantes à jet d’encre. L’affaire attend toujours une décision de la justice. Parmi ses autres cibles figure régulièrement Apple. En 2017, le californien a été accusé d’avoir, avec la mise à jour de son système d’exploitation, sciemment ralenti ses vieux iPhone pour pousser les utilisateurs à acheter des modèles plus récents... et plus chers. Ce qui lui a valu une amende de 25 millions d’euros de la répression des fraudes, la DGCCRF, pour « pratique commerciale trompeuse par omission ».
Bien que ces actions restent longues et à l’issue incertaine, leur multiplication sonne comme un sérieux avertissement pour tous les industriels qui sont tombés, sans le savoir ou le vouloir, dans le piège de l’obsolescence programmée. Ils doivent remettre la qualité au cœur de leurs priorités industrielles et se préparer dès maintenant à la mise en place en 2024 de « l’indice de durabilité » de leurs produits conformément à la loi anti-gaspillage adoptée en janvier 2020.



