Un accord franco-allemand sur les marchés de l’électricité serait «à portée de main», a assuré le président Emmanuel Macron à l’issue d’une visite gouvernementale d’un jour et demi à Hambourg dans le nord de l’Allemagne. «Un accord devrait être trouvé d'ici la fin du mois», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec le chancelier Olaf Scholz.
Ce serait en effet un signal fort alors que le conseil des ministres européens de l'énergie doit se tenir le 17 octobre prochain, afin d'amorcer des négociations avec le Parlement sur la réforme du marché de l’énergie. Or, depuis des mois, Paris et Berlin s’opposent sur ce dossier. D’un côté, la France veut que les investissements destinés à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires existantes ou à accroître leur capacité soient pris en compte dans les mécanismes de contrat à long terme, les "contrats pour la différence" (CFD), prévus par la réforme de la Commission européenne. De l’autre, l’Allemagne qui a abandonné l’atome, ne craint que des prix de l’électricité trop bas en France ne desserve son économie et avance que les investissements dans les énergies renouvelables devraient être privilégiés.
Parler d'une seule voix face aux Etats-Unis
Pour autant, à Hambourg, Olaf Scholz a fait un pas en direction de la position française : «nous avons choisi des mix de production électrique différents et en France, le nucléaire joue un rôle plus important, mais ce n’est pas une contradiction. Cela peut aller de pair», a assuré le chancelier. Pour sa part, Emmanuel Macron a exhorté à laisser de côté les divisions et les positions dogmatiques pour se concentrer sur l’essentiel : la compétitivité énergétique du continent européen. «Face aux Etats-Unis, qui proposent des prix de l’électricité bien plus faibles qu’en Europe, notre priorité doit être de permettre une libre circulation des électrons bas carbone le moins cher possible», a justifié le chef de l’Etat.
Réguler l'IA sans brider l'innovation
Outre l’énergie, un autre thème industriel était à l’ordre du jour de ce premier séminaire gouvernemental franco-allemand conçu dans l’esprit allemand des "Klausur", des retraites ministérielles qui laissent le temps aux discussions ouvertes et informelles : la souveraineté technologique de l’Europe. Après avoir visité l'usine du constructeur aéronautique Airbus à Hambourg, les chefs d’Etat et leurs ministres ont abordé la question de l’intelligence artificielle. Sur ce point, les partenaires affichent une position commune, sans qu’aucune proposition concrète n’ait vraiment été avancée. L’un des axes de réflexion concerne la lutte contre l’excès de réglementation. «Il ne faut aucune régulation inutile qui viendrait brider les innovations précoces dont nous avons besoin», s’est contenté d’indiquer Emmanuel Macron.
Paris et Berlin ont également promis de mettre en place des projets de financement commun, afin de faciliter la recherche fondamentale et la création de start-ups et d’entreprises sur le sol européen. Enfin, ils souhaitent mutualiser, autant que possible, les données et les capacités de super-calcul. Une formulation encore vague qui doit être précisée par les ministres respectifs dans les prochaines semaines.



