France 2030, c’est le grand plan d’investissement censé préparer notre avenir industriel. Les 5000 projets déjà sélectionnés sont sécurisés. Ceux-là continueront de recevoir leurs financements, à condition, bien sûr, de tenir leurs objectifs. Mais pour les nouveaux projets qui espéraient encore décrocher une aide, cela va devenir plus compliqué.
France 2030 va étaler sur trois ans, et non deux, les quelque 15 milliards d’euros restants de l’enveloppe initiale de 54 milliards d’euros. Cela veut donc dire qu'il va falloir faire des choix. Certains vont donc voir leurs financements refusés.
Le premier secteur victime de ce recentrage est l’hydrogène. Il y a encore quelques années, c’était la priorité absolue pour les transports. Mais aujourd’hui, le constat est clair : ça ne décolle pas. Airbus vient de reporter son projet d’avion à hydrogène… et même Bpifrance parle de “nombreuses déceptions”. Comme il n’y a pas de dossiers convaincants à financer, l’Etat va utiliser cette année l’enveloppe prévue pour d'autres secteurs. Autre interrogation : les micro-lanceurs, ces petites fusées capables d’envoyer des satellites en orbite. Aujourd’hui, la France soutient une demi-douzaine d’acteurs… mais est-ce vraiment pertinent ? La question se pose.
A l'inverse, les investissements dans l’IA vont être confortés. Absente des priorités au départ, elle devient un axe majeur du plan. Résultat : 5 milliards d’euros, soit un tiers de l’enveloppe restante, vont lui être consacrés. Santé, industrie, éducation… l’IA va s’infiltrer partout. Le nucléaire va aussi bénéficier de crédits. Plus largement on passe à une logique où on arrosait un peu tout le monde à une stratégie beaucoup plus ciblée. L’enjeu, c’est d’investir sur ce qui fonctionne réellement… et pas sur ce qui fait rêver sur le papier. C'est un peu comme si la crise apportait une vertu : trancher et définir des priorités.
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