Faudra-t-il bientôt un passeport vaccinal pour voyager en Europe ? La question promet des débats tendus entre les 27 Etats-membres, qui se retrouvent en visio-conférence une nouvelle fois ce jeudi 21 janvier en fin de journée pour tenter de coordonner leur réponse sanitaire.
Car la question est loin de faire l’unanimité. Alors que la vaccination se déploie progressivement dans les Etats-membres, la Commission estime qu’il faut se décider maintenant, avant fin janvier pour avancer rapidement sur les aspects techniques d’un certificat européen de vaccination électronique, faisant figurer le nom du vaccin et la date d’injection, notamment. Car à mesure que le nombre de vaccinés augmente, mettre en place ce carnet de suivi commun risque de se compliquer. Les obstacles techniques et juridiques ne sont pas minces. Il va falloir trouver un standard commun, s’assurer que tous les Etats-membres le reconnaissent mutuellement – ce qu’ils ont réussi à faire in extremis le 20 janvier pour les tests – et garantir la protection des données personnelles.
Débat prématuré pour la France
Mais le défi est surtout politique. Une fois ce certificat créé, quel usage en fera-t-on? Désireuse de sauver sa saison touristique, la Grèce milite pour que ce certificat puisse permettre aux personnes vaccinées de voyager librement, en étant dispensées de test pour prendre l’avion par exemple, sans pour autant le rendre obligatoire. L’Allemagne et la France sont beaucoup moins allantes et jugent qu'il n'y a besoin de se précipiter. Tant que tous les Européens qui le souhaitent ne peuvent pas se faire vacciner, la question de donner des droits particuliers à certains a peu de sens, a fait remarquer en substance Clément Beaune, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes. On ne sait par ailleurs pas encore avec précision dans quelle mesure les vaccins limitent la transmission de la maladie.
Cela pourrait toutefois changer. La Commission européenne veut exhorter les Etats-membres à accélérer leurs campagnes pour atteindre 70 % de leur population vaccinée "à l’été". Pour y parvenir, la Commission, qui gère pour les 27 l'approvisionnement en doses, travaille avec l’Agence européenne du médicament pour accélérer ses procédures d’autorisation des nouvelles usines de vaccins, notamment celle prévue par BioN tech en Allemagne et encourager les discussions avec d’autres industriels afin de mettre à disposition leurs usines pour la production du vaccin. L'arrivée dans les prochains mois des vaccins d'AstraZeneca et de Johnson et Johnson devrait compléter l'arsenal. D'ici l'été, le passeport vaccinal pourrait donc faire son chemin.



