La dynamique est claire et forte : les DRH français sont chaque année plus nombreux à anticiper la disparition de certains métiers dans leur entreprise dans les cinq ans à venir. Selon l’enquête annuelle de Cegos, plus gros organisme de formation français, ils étaient 13% en 2020, 28% en 2021, 33% en 2022. Parallèlement, 47% pensent que de nouveaux métiers émergeront dans les cinq ans dans leur entreprise, contre 42% dans le baromètre de l'année précédente.
Face à leurs nouveaux besoins, les DRH parient de plus en plus sur la reconversion de leurs salariés. «Faire monter en compétences» leurs collaborateurs sur leur poste actuel reste en tête (cité par 57% d’entre eux) des solutions qu’ils envisagent, mais cette piste est en recul par rapport à l’année précédente (66%). La moitié (48%) prévoit désormais de «développer (les) compétences (de leurs collaborateurs) sur un autre métier, dans une optique de mobilité». Le recrutement à l'extérieur arrive en troisième place seulement des solutions envisagées pour accompagner les transformations qui s’annoncent.
Particularités françaises
Parmi les soft skills qu’ils souhaitent développer chez leurs salariés, «l’agilité et l’adaptation» arrivent d’ailleurs en tête, citées par 57% d’entre eux, devant « la collaboration et le travail à distance » et « l’organisation efficace du travail ». Normal, quand on demande aux salariés de changer de métier… Et parmi les compétences qui doivent être impérativement renforcées, les compétences métiers connaissent une forte progression, citées par 29% des DRH contre 22% l'an dernier. Les salariés se disent prêts à envisager une reconversion professionnelle si elle est "porteuse de sens" : c’est le cas de 61% des salariés français. Un taux « impressionnant » commente Cegos.
L’enquête de Cegos est internationale, et les DRH français montrent quelques particularités. La transformation numérique arrive en tête des enjeux auxquels se préparent les DRH dans le monde, citée par 61% d’entre eux. Elle n’est évoquée que par 42% des DRH français, en revanche plus nombreux (40%) à citer la transition écologique comme un enjeu majeur de transformation des compétences (31% dans le monde).
Autre particularité : 45% des DRH français veulent renforcer les compétences managériales de leurs collaborateurs, en hausse de 11 points par rapport à l’année dernière (39% dans le monde). Mais ils sont moins intéressés (à 36% contre 41% dans le monde) par le renforcement des compétences digitales. Ce moindre intérêt pour le numérique en général se retrouve dans les modalités de la formation : les Français, beaucoup plus que les autres, souhaitent reprendre des formations en présentiel et apprécient de moins en moins les formations en ligne.



