Alors que la réindustrialisation est devenue une priorité des politiques publiques depuis une dizaine d'année et avant que la conjoncture ne marque le pas avec un certain attentisme en matière d'investissement, nous avons voulu explorer la relation des Français à l'industrie nationale. Cette étude exclusive réalisée avec nos partenaires CCI France et La Fabrique de la Cité ( think tank de Vinci) répond à de nombreuses questions : comment nos concitoyens voient-il le présent et le futur de l'industrie ?Comment perçoivent-ils son rôle ? Sa démarche environnementale ? S'y projettent-ils ou pas pour y travailler ?
Image et rôle dans l'économie
Les Français ont plutôt une bonne image de l'industrie. Mais des années de désindustrialisation ont laissé des traces : une minorité de Français associe industrie et emplois, alors que ce secteur en a créé près de 130 000 en net depuis 2017. On remarque surtout un clivage à propos de son futur. Si 60% des diplômés de master se disent confiants sur l’avenir de l’industrie, ils ne sont plus que 25 % chez les non-diplômés. Pourtant, une nette majorité considère qu’elle est essentielle à l’économie du pays et appelle à un soutien renouvelé de la part des pouvoirs publics. Certains secteurs ont plus la cote que d'autres.

L'industrie et l'environnement
La relocalisation de l'industrie pour éviter d'importer des produits du bout du monde ressort comme une priorité. Pour autant les Français méconnaissent ou surestiment la part de l’industrie dans les émissions de gaz à effet de serre de la France : près de la moitié pensent qu’elle y contribue à plus de 25%, 19% ne se prononcent pas. Et ceci, alors que l’industrie pèse en réalité 18% des émissions à effet de serre du pays. Une majorité de nos concitoyens, et tout particulièrement les jeunes de 18 à 35 ans, pense même que l’industrie a augmenté ses émissions depuis trente ans alors qu’elle les a baissées de moitié. Nos concitoyens font néanmoins le pari qu’une industrie verte est possible en France. Si sur le terrain, les mouvements "not in my backyard" (pas près de chez moi) s’élèvent contre les implantations d’usines, les Français y sont très majoritairement favorables (69 %) ...mais dans un cadre contrôlé «avec des conditions d’emploi local, d’amélioration des infrastructures, de réduction de l’empreinte environnementale)».

L'industrie et le travail
C’est le point noir de cette étude, qui témoigne sans doute davantage d’un imaginaire que d’un vécu, puisque seulement 10% des personnes interrogées de notre panel sont salariées de l’industrie et 32% connaissent quelqu’un qui travaille dans ce secteur. L’idée d’y faire carrière est très minoritaire, et sur les thématiques RH, y compris la rémunération, on observe un vrai manque d’attractivité comparée. Cette question de la rémunération est toutefois mieux notée par les jeunes à partir d’un niveau master. Le secteur est perçu comme accessible aux femmes mais la question de l'égalité homme-femme est notée comme moins bien prise en charge que dans d'autres secteurs. Note d’espoir, les entreprises industrielles sont perçues comme les plus intéressantes pour un jeune diplômé en début de carrière devant celles des services, du commerce ou la fonction publique.

Enquête réalisée par Infopro Digital avec le soutien de CCI France et de La Fabrique de la Cité (Vinci) du 2 avril au 20 mai 2024 sur un échantillon de 1 000 répondants redressé selon la méthode des quotas sur des critères de genre, âge, CSP, région et composition de foyer selon l’Insee.



