En télétravail massif, Renault ferme des bâtiments entiers de bureaux

Avec le télétravail, Renault se retrouvait depuis de long mois avec des bureaux désertés. En quête d’économies, le constructeur automobile s’est décidé mi-mars à fermer une partie de ses locaux tertiaires et ouvre ce 13 avril une nouvelle consultation sur le télétravail.

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Renault SA siège Boulogne-Billancourt
Siège de Renault à Boulogne-Billancourt

« Tous les administratifs travaillent à distance depuis la deuxième quinzaine de mars, confie un cadre de la direction financière de Renault. Les gens sont rentrés chez eux, parfois à l’étranger. Le directeur de l’Après-vente par exemple qui est turc est reparti en Turquie.»  Aux yeux de ce cadre, les raisons sont clairement de deux ordres :

« sanitaires mais aussi économiques. En fermant les sites, le groupe fait des économies sur l’éclairage, l’air conditionné, l’entretien, l’accueil, la sécurité. On cherche à réduire tous les coûts variables possibles. »

Après un an de bureaux clairsemés, Renault tire les conséquences de la situation d’autant que le constructeur automobile tente d’économiser sur tous les postes pour tenir, alors que sa production est mise à mal par les pénuries de semi-conducteurs. « En Ile-de-France, 80% des 15 000 emplois éligibles au télétravail le sont à 100%. Depuis quelques semaines, certains plateaux ont fermé au siège de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), par souci d’économie, puisqu’ils étaient inutilisés depuis de longs mois. Les services de restauration restent ouverts, avec un système de roulement par étage, avec des horaires, pour que les gens se croisent le moins possible», confirme un porte-parole de Renault.

La situation est bordée sur le plan juridique. « L’accord sur le télétravail de 2019 prévoyait que dans les situations d’urgence, la direction pouvait l’imposer. Actuellement, il est à 100%, comme le demande le gouvernement, avec une dérogation possible pour ceux qui ne supportent pas ce télétravail à plein temps, à condition d’en informer son manager», témoigne Mariette Rih, déléguée syndicale centrale Force ouvrière chez Renault.

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Des centaine de milliers d'euros par an

Concrètement, le siège de Renault du quai Alphonse Gallo (qui fait entre 25 000 et 30 000 m²) a fermé deux ailes sur trois. Et demande aux quelques présents de se répartir dans la dernière encore ouverte. Au-delà du siège, « au Plessis-Robinson, le bâtiment Novadis a été fermé et les rares salariés qui vont encore au bureau utilisent le deuxième bâtiment, l’Arcade, où une cantine est toujours ouverte. témoigne Mariette Rih. C’est une rationalisation normale. Le Technocentre [de Renault à Guyancourt, dans les Yvelines, ndlr] est ouvert car des gens ont besoin d’être sur place, mais quelques plateaux sont fermés parce qu’il y a moins de monde. »

Rien que sur le siège du quai Alphonse le Gallo, les frais variables du bâtiment - éclairage, chauffage, ménage… - sont de l’ordre de plusieurs centaines de milliers d’euros par an, selon une source interne. Ces économies réalisées grâce au télétravail s’ajoutent à celles générées par la mise en chômage partiel depuis mars également de 15 000 salariés : les ingénieurs et les salariés du secteur tertiaire d’Ile-de-France tous les vendredis jusqu’à la mi-août.   

Réflexion sur l'empreinte immobilière

L’empreinte immobilière de bureaux de Renault pourrait-elle s’en trouver modifier à moyen terme comme cela s’est déjà passé chez son concurrent français PSA? Le syndicat FO de Renault confirme qu’une négociation sur le télétravail va s’ouvrir le 13 avril. « Elle tirera les conséquences de la période que nous venons de vivre. Il est sûr que le télétravail sera plus massif à l’avenir, et que ça aura des conséquences sur l’immobilier de Renault», estime Mariette Rih.  

Selon Cécile de Guillebon, spécialiste de l’immobilier d’entreprise et ex-responsable de celui du groupe Renault jusqu'en février dernier, toutes les tendances pré-existantes sont accélérées : « la réduction du nombre de sites par entreprise, la réduction du nombre de m2 (de l’ordre de - 20 % voire plus), la réallocation des m2 avec beaucoup plus d’espaces collaboratifs et le passage au flex office, mais aussi des espaces plus qualitatifs et des localisations mieux interconnectées ». Selon elle, toutes les entreprises sont en réflexion sur le sujet mais cela prendra un peu de temps. Car la révision du schéma directeur immobilier d’une grande entreprise prend quatre à cinq ans.

Anne-Sophie Bellaiche, avec Cécile Maillard

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