Devant son tour à commande numérique, Nathan Brebion répond sans aucune timidité aux questions du Premier ministre, en visite lundi 6 septembre au centre de formation des apprentis de l'industrie (CFAI) de l’Isère, à Beaurepaire. En fin de troisième, Nathan quitté son collège et sa ville de Sassenage pour préparer un bac pro usinage en alternance.
"J’avais visité des ateliers, cela m’a intéressé", raconte-t-il. Depuis, on ne l’arrête plus. Il a poursuivi en BTS "conception de produits industriels" toujours en apprentissage, et entend intégrer par la suite une école d’ingénieur. Pourtant, son patron voulait le recruter dès l’obtention de son bac pro. Jean Castex s’anime. "Il faut le dire à tous les jeunes. Ces filières marchent très bien", lance-t-il.
Trois fois plus de contrats
Dans une autre salle, des alternants en bac pro chaudronnerie, visiblement ravis de leur formation, après parfois s'être cherchés. Jean Castex réitère: "Et vous en parlez autour de vous? C’est important". Il faut dire que le soutien de l’apprentissage, c’est l’un des succès du quinquennat et du plan de relance.

- 1.1711+0.22
10 Avril 2026
Dollar Us (USD) - quotidien$ USD/€
- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 145.1+0.21
Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
Le matin même, en visite au salon Global Industrie, où se tenait un Conseil national de l’industrie, le Premier ministre n’était pas venu complètement les mains vides. "Nous croyons à l’apprentissage, au point que je vous annonce aujourd’hui que les aides de France relance pour l’apprentissage seront prolongées de 6 mois supplémentaires jusqu’en juin 2022", avait déclaré le chef du gouvernement.
Avec 525 600 entrées en apprentissage, l’année 2020 était déjà faste, à un niveau supérieur de 40% par rapport à 2019. L’année 2021 a démarré aussi sous de très bons auspices. De janvier à avril, on a compté 53 400 nouveaux contrats, c’est-à-dire trois fois plus que l’an passé à la même période.
Prolongation de janvier à juin 2022
La prolongation de l’aide aux employeurs, de 5 000 ou 8 000 euros suivant l’âge de l’apprenti, ne courra que la moitié de l’année, de janvier à juin 2022. Les services de Matignon reconnaissent eux-mêmes que ce n’est pas la période où l’on compte le plus d’entrée en formation. Même si, depuis la loi Avenir professionnel, les alternants peuvent les débuter à tout moment dans l’année.
Sur le salon Global Industrie, Patrice Martin, le vice-président du Medef, avoue qu’il aurait aimé une prolongation jusqu’à la fin de l’année. "Mais nous sommes tout de même très contents. C’était une proposition que nous avions faite jeudi dernier lors de notre rencontre avec le premier ministre", rappelle-t-il.
Difficultés de recrutement
Au CFA de l’UIMM de Beaurepaire, la dynamique de l’alternance se lit dans les chiffres. Le nombre d’alternants a augmenté de 30% en 2021. Ils sont désormais 206, dans des formations en usinage, maintenance des systèmes de production automatisés, chaudronnerie. Dans cette dernière filière, on rencontre David, 30 ans. Après des années dans la restauration, il a décidé d’apprendre ce métier. Il dit aimer "les choses bien faites". Avec une femme et un enfant, l’industrie lui semble un métier plus compatible avec sa vie familiale. Après avoir cherché sa voie pendant deux ans, une de ses camarades de classe attendait pour sa part "cette rentrée avec impatience".
Les dirigeants qui jouent le jeu, y voient le moyen de répondre à leurs difficultés de recrutement en faisant découvrir la réalité de leur métier. Présente lors de la visite du Premier ministre, la dirigeante du groupe Gonzales (équipements industriels) Caroline Delloye, compte 13 alternants, dont 3 en école d’ingénieur, sur ces 150 salariés en France.
"Tous mes responsables de sites actuels sont passés par l’alternance. Le problème de l'industrie, c’est que nos métiers sont méconnus", confie-t-elle. Elle conseille au Premier ministre "d’envoyer tous les professeurs et les proviseurs de l’enseignement général passer une journée par an dans une usine", pour déconstruire les préjugés. "Vous avez raison, c’est un changement culturel", lui répond Jean Castex.



