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En Allemagne, Alstom transforme un train régional d'ancienne génération en train autonome (ou téléguidé)

Pour la première fois, en Allemagne, Alstom a montré son expérimentation de train autonome, à la veille de la grand-messe du ferroviaire, Innotrans. Avec le bon espoir de combler dans la prochaine décennie la pénurie de conducteurs.

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train autonome Arte Alstom
Le train autonome du programme Arte est équipé de sept caméras et d'un lidar.

Décidément, Alstom remporte davantage de succès pour ses expérimentations en Allemagne qu’en France. Alors que la SNCF ne veut surtout pas évoquer publiquement le train sans conducteur, Alstom a présenté, lundi 23 septembre, pour la première fois à la presse internationale, le train autonome testé depuis sept mois dans le cadre du projet Arte - pour "Autonomous regional train evolution" – mené avec l’aide du Centre aérospatial allemand (DLR1) et du département "Exploitation et infrastructure ferroviaires" de l’Université technique de Berlin.

Il s'agit d'un train régional mis à disposition par l’opérateur de Basse-Saxe, LNVG2, un modèle construit il y a une vingtaine d'années et équipé pour l'occasion d’un Lidar et de sept caméras à l'avant et à l'arrière. Sur une voie "normale" mais dédiée aux tests, à proximité de l’usine Alstom de Salzgitter – qui produit les trains à hydrogène et 100% batteries - il a circulé à 50 km/h pour les besoins de la démonstration (c'est habituellement entre 60 et 80 km/h) avec un conducteur dans le poste de pilotage mais levant ostensiblement les mains. Les caméras détectent les signaux ferroviaires et d’éventuels obstacles. En cas de souci, la rame peut être téléguidée à distance. Un opérateur le montre depuis le quai en déplaçant le train d'une pression du doigt sur une tablette.

train autonome Arte AlstomOlivier Cognasse
train autonome Arte Alstom train autonome Arte Alstom

Arrivée du train autonome à Salzgitter, téléguidé par un opérateur avec une tablette.

L’objectif du projet (d'un coût de 10 millions d'euros) est selon Alstom de «faire progresser de manière décisive la numérisation du réseau ferroviaire allemand en mettant en œuvre une exploitation automatisée des trains (ATO3) par le biais du système européen de contrôle des trains ETCS4, sans qu’il soit nécessaire d’ajouter des équipements en bordure de voie».

Premiers trains voyageurs autonomes en 2032

«Nous avons lancé ce projet depuis deux ans, mais nous travaillons sur le train autonome depuis sept ans, rappelle Florian Kittelmann, directeur de la mobilité autonome chez Alstom. Les coûts des équipements ont été divisés par dix au cours de ces dernières années. Nous pouvons très rapidement passer en service commercial.» Il reste à lever de nombreuses barrières réglementaires et chez Alstom, on estime que les premiers trains pourront rouler en vitesse commerciale en 2032, si les projets sont lancés dans les temps. Toutefois, les manœuvres sans conducteur pour aller à l’atelier et revenir à quai pourraient commencer dès 2026. Des opérations très chronophages, surtout quand les conducteurs viennent à manquer. «Dans les dix à quinze prochaines années, en Europe, la moitié des conducteurs vont partir à la retraite, la demande de trains ne va faire que croître, signale Florian Kittelmann à L’Usine Nouvelle. Ce n’est pas en 2030 qu’il faudra se poser la question des trains autonomes.»

Alstom doit encore tester ce train pendant deux mois en Allemagne, y compris sur une ligne commerciale. Il a également mené des tests en Suisse avec succès, mais la SBB-CFF attend les réglementations et les normes pour aller plus loin. Et en France dans la plus grande confidentialité, un train autonome a circulé sur une ligne commerciale, quand il n’y avait pas de circulation, selon nos sources.

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