Après deux années d’inflation et des salaires qui, hormis le Smic, n’ont pas suivi la hausse des prix, les électeurs français ont fait du pouvoir d’achat leur priorité numéro 1, montrent les sondages réalisés pour les élections européennes. Logiquement, la plupart des forces politiques en font leur priorité pour les législatives. Tour d’horizon des propositions des principaux blocs pour l’améliorer.
Augmenter les salaires et rémunérations
Le Nouveau Front populaire en fait une des mesures d’urgence de ses quinze premiers jours de gouvernement : le Smic sera augmenté, pour passer de 1400 euros nets par mois actuellement à 1600 euros nets. Le nombre de salariés payés au Smic, qui a déjà bondi avec les revalorisations, augmenterait fortement. Les fonctionnaires, eux, bénéficieront d’une hausse de 10% de leur point d’indice, l’allocation handicapés serait portée au niveau du Smic. Retraités, stagiaires, apprentis… tous devraient bénéficier d’une revalorisation de leur rémunération. Coût total pour l’Etat, selon l’ancienne députée socialiste Valérie Rabaud : 26 milliards d’euros par an. L’alliance des partis de gauche promet également une indexation des salaires sur les prix, actuellement réservée au Smic, au RSA, à l’allocation handicapé. Les économistes craignent qu’elle ne provoque une spirale inflationniste. LFI proposait avant les européennes que cette indexation ne s’applique que jusqu’au niveau du salaire médian ou moyen.
Le Rassemblement national (RN), lui, veut encourager les entreprises à augmenter les salaires de 10%, en exonérant la part de salaire supplémentaire de cotisations sociales, jusqu’à 3 Smic. La mesure ne serait pas immédiatement mise en œuvre, décalée à un second temps. Les Républicains choisissent aussi d’en passer par les cotisations sociales et proposent de diminuer celles des salariés, jusqu’à 3 Smic, indiquait leur programme pour les européennes. De quoi augmenter les salaires nets de 5 à 10%, a calculé ce parti.
Le programme de Renaissance vise le pouvoir d’achat des classes moyennes. Gabriel Attal en a dévoilé la mesure phare : augmenter à 10 000 euros au lieu de 6 000 le plafond de la prime dite «Macron», exonérée de cotisations et imposition. Elle a été touchée par 6 millions de Français en 2023. Baisses d’impôts et de cotisation auront pour conséquence une diminution des contributions au budget de l’Etat et aux régimes sociaux.

- 1784.36+3.25
2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
- 145.1+0.21
Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
RN et Nouveau Front populaire veulent organiser une conférence sociale sur les salaires à l’automne prochain.
Diminuer les dépenses des Français
Alors qu’une nouvelle hausse des prix du gaz a été annoncée pour le 1er juillet (+ 11,7%), tous veulent s’attaquer au prix de l’énergie. Renaissance assure que l’électricité réglementée baissera de 10 à 15% début 2025, grâce aux mesures mises en place par le gouvernement. Le Nouveau Front populaire promet d’annuler la hausse des prix du gaz au 1er juillet, de supprimer la «taxe Macron» de 10% sur l’électricité et de bloquer les prix de l’énergie. Le RN veut rétablir un prix de l’électricité basé uniquement sur la production française, en sortant du marché européen de l’électricité, comme l'ont fait temporairement l'Espagne et le Portugal. Il propose aussi une baisse de la TVA sur l’énergie et les carburants dès cet été, par une loi de finances rectificative, pour la faire passer de 20,5% à 5,5%.
Le prix des produits de première nécessité concentre également les propositions. Le RN, qui veut baisser leur taux de TVA, reporte sa mesure à un deuxième temps de son mandat. Le Nouveau Front populaire veut, lui, bloquer leur prix, comme ceux de l’énergie, par décret. Il propose aussi de revaloriser l’aide au logement (APL) de 10%, de garantir une gratuité des fournitures scolaires et de la cantine, et un encadrement des loyers. L’école intéresse aussi Renaissance, qui propose de mettre en place des achats groupés pour les fournitures de rentrée des classes. Une mutuelle à 1 euro pourrait être proposée à ceux qui ont le plus de mal à s’en payer une.
Pour redonner du pouvoir d’achat aux Français, certains promettent des baisses d’impôts, en plus des diminutions de cotisations sociales sur les salaires. En janvier, Emmanuel Macron avait annoncé une baisse de 2 milliards d'euros pour les ménages dès 2025. Gabriel Attal a promis de ne pas les augmenter. Le Nouveau Front populaire veut passer de 5 à 14 les tranches d’impôt sur le revenu, ce qui entraînerait une baisse des impôts des 92% de Français qui gagnent moins de 4000 euros par mois, revendique La France Insoumise (LFI). Le RN, après avoir hésité, a finalement maintenu sa proposition de supprimer l'impôt sur le revenu des moins de 30 ans. Une mesure inconstitutionnelle, dans laquelle son candidat Jordan Bardella s'est pris les pieds lors du premier débat télévisé du 25 juin, quand Gabriel Attal lui a fait comprendre qu'il était absurde d'exonérer un jeune trader de 29 ans et pas un ouvrier de 31ans... Le lendemain, le porte-parole du RN rétropédalait et annonçait que l'exonération ne vaudrait que jusqu'à un certain plafond de revenu, fixé par le Parlement.



