Plus de «fermeté» et de «crédibilité» : la France veut que Bruxelles muscle les négociations commerciales avec les Etats-Unis. «L’industrie française est unie derrière cette position qui consiste à changer de méthode», a rapporté le ministre de l’Industrie Marc Ferracci mardi 22 juillet. Les filières industrielles, mais aussi les organisations syndicales et patronales se sont réunies à Bercy : ce Conseil national de l’industrie (CNI) a enjoint la Commission à conclure un accord «équilibré, soit non asymétrique»
«En trois mois, les négociations qui n’ont pas abouti à un changement de position de l’administration américaine, qui a même durci celle-ci», a souligné le ministre, appelant à une évolution des méthodes de l’Union européenne (UE). «Certaines filières nous ont fait part de risques mortels si des droits de douane de 30% devaient être appliqués», a-t-il appuyé. Selon les déclarations de Donald Trump, de telles taxes douanières doivent entrer en vigueur sur les importations américaines en provenance de l’Union européenne à partir du 1er août prochain.
Crédibiliser la riposte européenne
Bruxelles a pour l’instant suspendu sa riposte dans l’attente d’un accord commercial, mais le CNI demande à pouvoir déployer la première liste de contre-mesures, d’une valeur de 21 milliards d’euros, dès le 6 août, et de faire adopter «aussi tôt que possible» la seconde liste, qui pourrait représenter 72 milliards d’euros d’échange. «Il faut mettre sur la table des mesures qui permettront aux négociations de se concrétiser», a insisté Marc Ferracci.
Cet avis envoyé à Bruxelles prône aussi la mise en place d’outils non-tarifaires, comme des contrôles à l’export, la limitation d’accès aux marchés publics ou des restrictions sur les services, comme la publicité en ligne. Le CNI renouvelle enfin une demande maintes fois soutenue par la France : une préférence européenne dans l’accès aux marchés publics et aux dispositifs publics.



