Difficile de verdir l'économie bleue

Préoccupé par son impact et son acceptabilité sociale, le port de Marseille place l’innovation au service de l’environnement.

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Le Piana à quai dans le port de Marseille
Pour diminuer la pollution, une fois à quai, le "Piana" est alimenté en électricité, transférée par une potence géante.

Amarré à quelques centaines de mètres de la place de la Joliette, le ferry "Piana" symbolise le verdissement du port. Depuis 2017, à quai, il n’utilise que de l’énergie électrique. "Cela permet de couper complètement les moteurs et d’éviter les fumées et les vrombissements", explique Philippe Sayabalian, l’ingénieur chargé du projet au Grand port maritime de Marseille (GPMM), en décrivant la coûteuse installation de câbles et de transformateurs à l’œuvre.

Une manière d’aider à faire accepter le trafic maritime par les Marseillais alors que le port est régulièrement sous le feu des projecteurs pour le CO2 et les particules fines de soufre et d’azote émis par les navires.

Du report modal aux carburants alternatifs

Aujourd’hui, seuls quelques ferrys à destination de la Corse sont alimentés en électricité à quai. Mais à l’été 2019, le port a annoncé investir 20 millions d’euros dans ce projet d’ici à 2025. Il souhaite ainsi approvisionner la moitié des navires à passagers en escale. Soucieux de ne pas perdre de trafic alors que l’adaptation des navires est coûteuse pour les compagnies, il n’impose pas cette technologie, mais compte sur les économies de fioul et les gains d’image pour convaincre les réticents.

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Le Piana  à quai dans le port de MarseillePascal Guittet
Le Piana à quai dans le port de Marseille Le Piana à quai dans le port de Marseille

© Pascal Guittet

Le port multiplie les initiatives pour rendre son activité plus soutenable. Un défi. Selon l’Organisation maritime internationale, ce trafic représente 2,5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et son impact devrait aller croissant avec la mondialisation. "Nous raisonnons en tant que cluster industrialo-portuaire. Pour changer la donne environnementale et économique, il faut le faire en partenariat", souligne Stéphane Reiche, le délégué général du GPMM, pour résumer la méthode. Du report modal aux carburants alternatifs comme le GNL et l’hydrogène, en passant par l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits du port, les projets fourmillent. Un défi qui catalyse aussi les innovations. Née à Hambourg, la start-up spécialisée dans l’analyse du routage maritime Searoutes a développé un éco-calculateur multimodal. "Un outil capable de trouver quelle route logistique est la plus verte pour une marchandise", précise Éva Cadilhac, chargée du marketing pour la jeune pousse. Cet outil vise à mettre en lumière le faible impact carbone du transport maritime comparé à d’autres modes et de faire valoir les connexions ferroviaires et fluviales dont dispose Marseille pour desservir l’Europe. Reste à voir si cela suffira pour concilier le développement économique du port avec les impératifs environnementaux, et ce, alors que l’idée de relocaliser la production séduit toujours davantage.

Le Piana à quai dans le port de MarseillePascal Guittet
Le Piana à quai dans le port de Marseille Le Piana à quai dans le port de Marseille

© Pascal Guittet

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