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Deux designers français sélectionnés pour le James Dyson Award pour leur ustensile de cuisine réparable

La jeune pousse Nobsolete propose un outil de cuisine divisé en trois modules, détachables et réparables. Lauréats français du James Dyson Award pour ce projet, les deux cofondateurs espèrent pouvoir bientôt démarrer la production.

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Nobsolete outil cuisine réutilisable
L’outil imaginé par deux designers français se compose de trois parties distinctes : un module électronique, un module motorisé et un module fonction.

Un mousseur, un fouet, un presse-purée. Mais aussi un mixeur, un râpeur, un broyeur, et même un hachoir et un éminceur. Ce ne sont pas huit outils de cuisine différents, mais les huit embouts de l’appareil multifonction conçu par la start-up Nobsolete. Celle-ci représentera la France lors de la 23e édition du James Dyson Award, réservé aux jeunes designers industriels, avec une idée en apparence simple : créer un outil de cuisine réparable. «On voulait améliorer la réparabilité des objets, et en examinant les produits électroniques chez nous, on s’est rendu compte que l’électronique de cuisine était le plus sensible à la casse», résume Nathan Hubert, cofondateur avec Mano Silberzahn de la société. Tous deux sont âgés de 23 ans seulement et sont diplômés de l’école de design Strate, à Paris.

Nobsolete outil de cuisine réutilisableOutil de cuisine Nobsolete
Nobsolete outil de cuisine réutilisable Nobsolete outil de cuisine réutilisable

Des modules facilement détachables et remplaçables

L’outil se compose de trois parties distinctes : un module électronique, qui sert de manche, reçoit le courant et accueille la gâchette à détection de pression ; un module motorisé ; un module fonction, qui se change en fonction de la recette. Trois sont actuellement disponibles, mais les cofondateurs en ont conçu huit. Tous les modules sont facilement détachables à l’aide d’un simple tournevis cruciforme, et remplaçables grâce à des tutoriels et une boutique en ligne. En cas de panne, une LED de couleur indique d'où provient le problème.

Quant au prix, «à performance égale, on se situe 50% au-dessus d’un produit en grande surface», estime Mano Silberzahn. Un mixeur à soupe de 600 watts devrait par exemple coûter 60 ou 70 euros, même si «c’est encore trop tôt pour établir un prix définitif», admet-il. Les deux cofondateurs espèrent profiter d’un marché porteur, alors que la réparabilité devient incontournable pour les industriels comme pour les consommateurs. L’indice de réparabilité, une note sur 10 déjà en vigueur depuis le 1er janvier pour les smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, tondeuses à gazon et lave-linge hublot, sera obligatoire à partir du 4 novembre pour les lave-linge top, lave-vaisselle, aspirateurs et nettoyeurs haute-pression.

Un objectif écologique et social à la fois

D’après un rapport publié en 2021 par l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), 854 906 tonnes de déchets d'équipements électriques et électroniques ont été collectés en France en 2019, avec un taux de recyclage ou de réutilisation de 78% - pour ceux qui sont collectés. Un chiffre que Nobsolete espère faire grimper, pour des raisons écologiques, mais aussi sociales : «Le coût horaire de réparation dépasse souvent le prix d’achat», pointe Mano Silberzahn. Une façon de faire faire des économies au client.

Si la production ne pourra pas entièrement se faire en Europe, «on aimerait que l’injection plastique et l’assemblage soient faits en France», assure Nathan Hubert. Les matériaux précis ne sont pas encore déterminés, mais les deux cofondateurs promettent qu’ils seront durables. «On est en train de travailler sur le prototype fonctionnel et on va essayer de chercher de l’argent, des fournisseurs prêts à nous suivre», insiste-t-il.

La machine à laver increvable, le contre-exemple

L’idée est née lors du projet d’études de cinquième année, la dernière des études de design. Les deux hommes ayant axé leur mémoire sur la réparabilité, ils se sont naturellement emparés du thème pour leur projet d’études. Ils comptent y consacrer tout leur temps à partir de janvier, à la fin de leur stage en entreprise. En novembre, ils concourront pour l’édition internationale du James Dyson Award.

Leur but : éviter la fin tragique de l’Increvable, un projet de machine à laver facilement réparable élaboré à la sortie de l’école de design l'ENSCI-Les Ateliers. Malgré des retours enthousiastes et un bouche à oreille efficace, celui-ci s'est arrêté en février 2020, faute de partenaires industriels et financiers. «On discute avec l’un des fondateurs, assure Mano Silberzahn. L’idée est de choisir un objet plus humble, du petit électroménager.Et peut-être un jour de se lancer dans le gros électroménager.»

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