Quasi invisibles à l'œil nu, les microplastiques, mesurant moins de cinq millimètres, sont omniprésents dans les océans. Cette pollution est issue de la décomposition de plastique plus gros, ou de rejets des microbilles plastiques contenues dans les fibres de vêtements ou dans les cosmétiques. Outre le risque de contaminer certains animaux et donc d’intégrer la chaîne alimentaire, ces microplastiques peuvent être vecteurs de bactéries, dont certaines sont pathogènes.
Afin de capturer particules et microbes simultanément, une équipe de chercheurs tchèques, dont fait partie le célèbre chimiste Martin Pumera a imaginé un dispositif innovant : des billes, mesurant à peine quelques micromètres de diamètre, sur lesquelles sont greffées des «bras» polymériques (formés de polymères). Chaque ensemble bille et bras, sans électronique, est appelé microrobot par commodité. Sous l’action d’un champ magnétique externe, ces dizaines de microrobots se déplacent en essaim. Grâce à ce comportement collectif, ils séquestrent les microplastiques. De plus, chargés magnétiquement, ils retiennent les bactéries.
Laver et réutiliser
D’après les résultats d’une étude publiée dans la revue scientifique ACS Nano, à une concentration de 7,5 milligrammes de robots par millilitre, environ 80% des bactéries de l’échantillon traité ont été capturées. Les chercheurs collectent ensuite tous les microrobots à l’aide d’un aimant, et utilisent les ultrasons pour extraire les contaminants.
Chacun d’eux peut ensuite être désinfecté par ultrasons, puis réutilisé. Bien que prometteur, ce type de dispositif microrobotique reste pour l’instant difficile à tester en environnement réel, car les matériaux sont coûteux et les protocoles compliqués.



