La présentation est soignée, le propos assuré. Depuis plusieurs mois, Santiago et Ludivine - respectivement étudiant à Telecom Paris et diplômée de l'ISAE Supaero - sont en alternance chez Renault. Leur mission : élaborer une méthodologie d'exploration pour soutenir un projet de mobilité en Afrique Subsaharienne du constructeur. Ce jeudi 30 juin, le duo présente par visioconférence l’avancée du projet devant un parterre d’industriels.
Santiago développe les intérêts de Renault pour ce projet : "être le premier arrivant sur un marché émergent où la concurrence n'est pas encore exacerbée, répondre aux objectifs RSE de l'entreprise et aux enjeux de mobilité très forts dans ces pays." Les deux étudiants ingénieurs s'interrogent également sur les incertitudes liées au marché et à la manière dont une automobile pourrait répondre à des conditions de roulage atypiques : températures élevées, routes non-asphaltées...
Un mémoire de recherche comme projet final
Cette présentation intervient dans le cadre du master projet innovation conception (PIC), fondé en 2002 et copiloté par l'Ecole Polytechnique, Telecom Paris et HEC. Santiago et Ludivine font partie de la cinquantaine d'étudiants de la promotion - en majorité issus de ces écoles partenaires - qui sont intégrés pendant un an dans une entreprise pour y travailler sur un projet de recherche innovant. “Le master se déroule en alternance : trois jours au sein de l’entreprise et deux à l’école, même si la part d’enseignement se réduit au fil du projet”, dévoile David Massé, en charge du cursus pour Telecom Paris.
C’est la première fois que les étudiants confrontent leur projet à un regard extérieur de celui de l’enseignant-chercheur de l’école qui les aiguille et de leur référent dans l’entreprise. Les problématiques de recherche sont déjà ficelées et les présentations des étudiants réparties en session selon les secteurs : retail, conseil ou aérospatial & défense. Avec leur projet d’expérimentation de mobilité en Afrique, Ludivine et Santiago sont affiliés à la session énergie. Un de leur camarade en alternance chez Total s’y interroge sur les facteurs clé pour permettre à l'entreprise française de réussir sa transition énergétique. Les étudiants ont jusqu'à septembre pour poursuivre leur projet et rendre un mémoire de recherche.
Observer les pratiques d’innovation des entreprises
Thales, Dassault, Casino, Cdiscount, Air liquide : de grands noms de l’industrie sont affiliés au master. Les problématiques sur lesquelles planchent les élèves sont généralement définies par les enseignants-chercheurs de l’école qui travaillent en lien avec ces sociétés, mais David Massé constate aussi “que de plus en plus d’entreprises nous contactent directement avec leur problématique.” Au-delà de l’expertise développée par les étudiants, qui une fois diplômés occupent des postes de directeur de l'innovation en industrie et en start-up ou intègrent des cabinets de conseil, le pilote du Master estime que ce procédé permet à l'X, HEC et Telecom Paris "d'identifier et d'observer les nouvelles pratiques d'innovations qui émergent dans les entreprises." La crise sanitaire et le réchauffement climatique seraient-ils à l'origine d'une des sessions organisées le 30 juin, qui regroupait cinq projets autour de la thématique "Save the World" ?



