Dans les Bouches-du-Rhône, Nawah met sur les rails sa nouvelle usine de nanotubes de carbone

Jusqu’alors hébergée chez STMicroelectronics à Rousset (Bouches-du-Rhône), Nawah a inauguré le 22 octobre un site de 4600 m² qu’elle dotera d’une chaîne de production mi-2025. Elle investit 17 millions d’euros.

Réservé aux abonnés
Nawah - Forme d'application Nawa Stitch
La forme ultime 3D de chaque centimètre carré de son Nawah Stitch contient 100 milliards de nanotubes verticalement alignés.

En louant un ex-bâtiment désaffecté de la zone industrielle de Rousset (Bouches-du-Rhône) où elle a aménagé ses 3500 m² d’ateliers, 600 m² de bureaux et 500 m² de laboratoires, Nawah se dote d’une usine appelée à monter en puissance ces prochains mois. L’investissement de 17 millions d’euros est porté pour l’heure par son seul actionnaire, Alexandre Garèse et son fonds Kouros, mais les dirigeants de la société espèrent le voir abondé par des aides publiques, notamment l'appel à projet Première usine de France 2030 et le fonds européen de transition juste, porté par la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

«Actuellement, les machines de production de nos nanotubes de carbone alignés verticalement restent hébergées sur le site de STMicroelectronics, mais elles seront rapatriées sur nos nouvelles installations à l’été 2025, explique le président de Nawah, Florent Bergeret. Avec ces équipements, nous disposons d’une capacité de fabrication de 20000 m² par an. En ajoutant la nouvelle machine, dont nous avons lancé l’acquisition, nous la multiplierons par 20 pour atteindre les 400000 m² par an et par machine et un coût de fabrication plus compétitif. Cette industrialisation massive ne concernera dans un premier temps que ce site français, nous la déclinerons par la suite sur notre filiale de Dayton, aux Etats-Unis.»

Nawah compte 39 salariés et prévoit, d’ici cinq ans, la création d'une quarantaine d’emplois. Elle vise un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros en 2029 sur l’Europe. Aux Etats-Unis, les revenus pourraient être générés plus vite.

De la start-up à la PME internationale

Grâce à ces moyens de production, l’entreprise, née en 2013 sous l’impulsion de Pascal Boulanger et Ludovic Eveillard et reprise en 2023 par Kouros à la barre du tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, va pouvoir se déployer sur de nouveaux marchés et applications liés aux matériaux composites et à l’hydrogène.

La forme ultime 3D de chaque centimètre carré de son Nawah Stitch contient 100 milliards de nanotubes verticalement alignés (VACNT). Apposée sur des substrats extrêmement fins (polymères, fibres de carbone…), cette technologie développée sur la base de recherches du CEA et du MIT offre diverses propriétés mécaniques de renforcement de matériaux composites, en termes de résistance à la rupture, d’endurance à la fatigue, de perméabilité...

«Une pièce supposée durer dix ans pourra voir avec notre solution sa durée de vie prolongée jusqu’à quinze ou vingt ans. Pour une pale d’éolienne, c’est une différence considérable en termes de maintenance. La production actuelle part principalement aux Etats-Unis à titre de démonstration de ces qualités», indique le directeur général, Alain Guinot.

Appel à coopérations R&D

Le nanocarbone 3D de Nawah pourrait ainsi, d’ici fin 2025-début 2026, intégrer des équipements sportifs soumis à des chocs violents, comme des crosses de hockey sur glace, des clubs de golf, des raquettes de tennis, mais aussi des cadres de vélo… La capacité d’industrialisation était un préalable à la finalisation des négociations commerciales.

«Dans ce secteur du sport, les gammes se renouvellent et les innovations sont qualifiées plus rapidement que dans l’aéronautique, pour des ailes d’avion ou du fuselage, ou l’automobile que nous visons aussi. Mais nous avons déjà transmis des échantillons à des avionneurs pour qu’ils en testent les capacités» explique Florent Bergeret, indiquant que les propriétés de conductivité électrique et thermique du nanocarbone peuvent accélérer le processus de dégivrage sur des ailes d’avion.

Ciblée sur le marché de l’hydrogène, l’électrode Nawah Trode-FC renforce les performances et la durabilité des piles à combustible, des supercondensateurs... «Nous voulons faire de Nawah un hub de référence au cœur d’un archipel de brevets, de technologies et d’entreprises», indique Alexandre Garese, en appelant les industriels et les chercheurs académiques à solliciter les équipes de la société pour explorer les différents usages potentiels de ses nanotubes.

Deux autres sociétés seront abritées sur le site : ETSEM Lab pour explorer certains d’entre eux et Carboneo qui a pour vocation de convertir du CO2 en carburants aériens durables. «Le matériau de Nawah sera le dénominateur commun de ces technologies», confie Florent Bergeret.

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs