C'est le plus ancien manufacturier d'armes de chasse en France. Verney-Carron a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Saint-Étienne (Loire) lors d’une audience le 12 février. Placée en cessation de paiements, l'entreprise dispose d’une période d’observation de six mois pour assurer l’apurement de sa dette.
Celle-ci s'élève à un million d’euros, dont 500000 euros hérités d'un prêt sur dix ans contracté lors d'un plan de sauvegarde en 2022. Cette année-là, Verney-Carron avait annoncé sa reprise par Cybergun, groupe français positionné sur le segment civil et récréatif (répliques de pistolets factices) et qui a, depuis sa création en 1986, développé une division militaire.
Après avoir mené à bien la restructuration de la dette bancaire et immobilière du manufacturier stéphanois, dont il détient 65%, Cybergun a considéré qu’il avait besoin de l’appui d’un partenaire spécialisé dans le petit calibre pour développer le volet industriel. «Cette procédure est destinée à favoriser l’arrivée de ce partenaire, acteur majeur de niveau mondial, dans le cadre de discussions avancées qui durent depuis plusieurs mois», assure Hugo Brugière, PDG de Cybergun.
Si le nom du groupe belge FN browning (ex-Herstal) est évoqué, le patron ne souhaite pas dévoiler l’identité de ce futur actionnaire majoritaire de Verney-Carron, dont il entend conserver une part minoritaire mais significative, de l’ordre de 30%.
L’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire espérée
La procédure de redressement doit permettre la poursuite de l’activité, la mise en place d’un protocole d’apurement du passif et la finalisation espérée du projet d’adossement avec le futur partenaire. «Cybergun s’engage à investir, si nécessaire, de nouveaux moyens financiers, en complément des 12millions d’euros déjà engagés pour garantir la protection de cet actif stratégique» que représente Verney-Carron, assure Hugo Brugière.
Créée en 1820, ce fleuron historique de l’industrie armurière française est le dernier fabricant français d’armes de petit calibre destinées à la sécurité et à la défense. Longtemps spécialisée dans les armes de chasse, l’entreprise familiale bicentenaire a créé, produit et commercialise le lanceur de balles de défense (LBD) Flash-Ball utilisé par la police. La société emploie 70 salariés, qui sont en chômage partiel depuis la fin d’année dernière. Elle avait réalisé un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros en 2023.



